De Londres à Pékin, l'appétit asiatique pour le nickel calédonien

Nickel LME Londres
© Alain Jeannin | Séance de fixation des cours mondiaux du nickel au LME (London Metal Exchange)

Lundi en fin d’après-midi à Londres, le nickel progressait de 3,16 % à 10 530 dollars par tonne. Au premier semestre 2016, on a assisté à un rebond incontestable du marché, grâce à l’appétit asiatique notamment pour le métal et le minerai calédonien

Alain Jeannin
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Chaque marché est, bien sûr, une histoire particulière, mais dans le cas du nickel, la progression est tout de même de 17 % depuis janvier, de 14 % sur un mois et de 3,50% la semaine dernière. Seule ombre au tableau, le cours du métal doit encore progresser de 26% avant de retrouver sa valeur de juillet 2015.

25 000 tonnes de métal exportées vers la Chine

En 2015, la production calédonienne a été de 186 065 tonnes de nickel contenu, selon les chiffres communiqués par l’ISNG, dont 51 268 tonnes de ferronickel. Les principaux marchés exports de la Nouvelle-Calédonie pour le ferronickel SLN 25 ont été la Chine (25602t), Taïwan (7378t), le Japon (5567t), suivis de La Belgique (4871t), de l’Espagne (4309t), des Etats-Unis (3750t), de l’Inde (2899t), et enfin de l’Afrique du Sud (2311t). Pour le seul marché chinois, la progression des exportations de ferronickel par rapport à 2014 a été de 38,6 %.
 

Le LME délocalisé après un incident

Le LME, détenu par Hong Kong Exchanges, a été obligé de se délocaliser dans l’est de Londres. Ses nouveaux locaux dans le centre de la City sont fermés jusqu’à mardi prochain « en raison d’un problème structurel et de sécurité proche de la structure du bâtiment qui abrite les bureaux et la bourse des matières premières » indique un communiqué. Le propriétaire du LME indique que les opérations de trading continuent normalement. Cet incident limité arrive finalement à un moment où Londres n’est plus l’unique plaque tournante du commerce international des produits de base, des matières premières et du nickel, et où ses marchés et ses négociants ne dominent plus seuls la planète. Comme l’indique Philippe Chalmin auteur du rapport Cyclope sur les matières premières « les principaux marchés sont désormais contrôlés par des intérêts extérieurs, souvent asiatiques, qui n’hésitent pas à se délocaliser si nécessaire : l’ICE américain pour l’énergie et les produits tropicaux, le HKSE (Hongkong) ou le SHFE (Shanghai) pour les métaux du LME dont le nickel et bientôt probablement Singapour pour l’indice Baltic et le marché du fret maritime ».

Le trading continue 

Londres conserve une certaine aura institutionnelle avec ses associations professionnelles qui débordent largement les frontières britanniques, ses festivités comme la semaine du LME pour le monde des métaux, ses agences d’information (Thomson Reuters, Metal Bulletin…), mais c’est là plus le poids d’un héritage du passé que le signe d’un dynamisme propre. Quoi qu’il en soit, la séance de cotation quotidienne des métaux se poursuit dans les locaux provisoires de Chelmsford à l’est de Londres. Le LME, même affaibli par la concurrence et les échanges électroniques, est encore la référence mondiale des prix du nickel.

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