Plus de 17 millions d'euros seront engagés d'ici à la fin de l'année "pour sécuriser et augmenter la ressource en eau" à Mayotte avant la prochaine saison des pluies, dans le cadre du plan d'urgence signé après la pénurie du début d'année, a annoncé, vendredi 1er septembre, la ministre des Outre-mer.
 

"La plus grave crise"

En déplacement à Mayotte, Annick Girardin a rappelé "la plus grave crise de l'approvisionnement en eau" que Mayotte a connue en début d'année, à cause de l'arrivée tardive de la saison des pluies. "Des communes sans eau courante, où des mesures de rationnement ont été mises en place. Des écoles qui ne peuvent accueillir les élèves que quelques heures par jour, faute d'assurance sur les conditions d'hygiène et sanitaire. Les secteurs de la restauration ou du tourisme qui se trouvent pénalisés, une population qui subit", a-t-elle énuméré.
 

Un plan d'urgence

Des "tours d'eau" pour économiser l'eau avaient notamment été mises en place au sud de Grande Terre de décembre 2016 à avril 2017.
 
Le plan d'urgence eau, signé en février par l'ancienne ministre des Outre-mer Ericka Bareigts, prévoit au total "des investissements pour un montant total de 42,2 millions d'euros jusqu'en 2021". "D'ici à la fin de l'année, 17,3 millions d'euros du plan eau seront engagés pour sécuriser et augmenter la ressource en eau avant l'entame de la prochaine saison des pluies", a indiqué Annick Girardin.
 

Manque de précipitations

L'essentiel (79%) de l'alimentation en eau potable de Mayotte provient de deux retenues collinaires, l'une située à Dzoumogné (nord) et l'autre à Combani (centre). Généralement, la saison des pluies permet de remplir les deux retenues, mais fin décembre 2016, faute de précipitations, les deux retenues étaient quasiment vides.
 

Autres mesures

La ministre s'est engagée à ce que les travaux pour l'interconnexion des deux retenues collinaires soient "terminés avant décembre". Le plan d'urgence prévoit également la réhabilitation de forages, une deuxième usine de désalinisation et une troisième retenue collinaire.
 
Une convention a été signée vendredi en présence de la ministre, entre l'Agence française de développement (AFD) et le Syndicat intercommunal d'eau et d'assainissement (SIEAM), à hauteur de 2,5 millions d'euros, pour renforcer l'ingénierie du SIEAM dans la gestion de l'eau potable et de l'assainissement du territoire.