Un blog cubain indépendant obligé de fermer face aux pressions

Cuba posible
© Cuba Posible

"Cuba Posible", le blog d'intellectuels indépendants le plus important de Cuba, a annoncé cette semaine sa fermeture en dénonçant des pressions qui ont miné son réseau de collaborateurs et lui ont coupé tout accès à des financements.
 

La1ere.fr avec AFP Publié le

"Un ensemble d'acteurs ont usé de tous les mécanismes et méthodes des institutions du pouvoir (à Cuba, où nous travaillons, et hors de l'île, où nous voulions assurer les conditions minimales de fonctionnement de notre association) pour nous enlever toute opportunité de travail", a dénoncé la direction du blog Cuba Posible dans un communiqué sur son site lundi.

"Cette obstination a réussi à démanteler et détruire les conditions les plus élémentaires et nécessaires à notre travail, ainsi que le réseau de collaborateurs et interlocuteurs sur l'île", a-t-elle ajouté.
    

Relents de guerre froide

La disparition du blog survient à un moment de fortes pressions diplomatiques des Etats-Unis contre Cuba, aux relents de Guerre froide, ce qui a poussé certains partisans du gouvernement à être sur la défensive face à toute éventuelle attaque. Créé en septembre 2014 comme un "laboratoire d'idées" par l'avocat Roberto Veiga et Lenier Gonzalez, diplômé en communication sociale, "Cuba Posible" était très suivi par les intellectuels et le monde politique cubains, comme voix indépendante face aux médias officiels, ce qui a souvent irrité les autorités.
    

Privé de soutiens étrangers

Ses participants ont tour-à-tour été qualifiés de "néo contre-révolutionnaires", "faibles centristes" ou promoteurs d'une "troisième voie" par les penseurs proches du Parti communiste cubain (PCC, unique), a rappelé Roberto Veiga dans un article. Désormais privé d'"importants soutiens étrangers", le blog "n'a plus accès à des financements et à l'avenir ce sera quasiment impossible qu'il y arrive", a déploré la direction du site.

Basé légalement en Espagne comme association, "Cuba Posible" restera accessible sur internet avec l'archive de ses articles "pour le présent et la postérité", précisent les responsables du site.