Annick Girardin : "C’est faux de penser que l’on vient à Mayotte que pour le droit du sol !"

GIRARDIN
© Photo : Emmanuel Tusevo Diasamvu | Annick Girardin, ministre des Outre-mer, le 27 août 2019 à l'occasion d'une visite ministérielle à Mayotte orientée sur la question de l'immigration clandestine.

Invitée sur Europe 1 ce vendredi, la ministre des Outre-mer s'est exprimée sur l'immigration clandestine à Mayotte, question centrale de sa visite ministérielle la semaine dernière.

Marie Boscher
Publié le , mis à jour le

De retour de visite ministérielle à Mayotte, la question de la lutte contre l'immigration clandestine reste le dossier de la rentrée pour Annick Girardin. Répondant à Marine Le Pen, qui avait fustigé "l'indigence" et "l'indifférence" du gouvernement avec l'opération Shikandra, la ministre des Outre-mer a estimé sur Europe 1 que la présidente du Rassemblement national faisait "des déclarations sans bien connaître les choses" et pourrait "prendre quelques cours dans l’école de sa nièce" (Institut des sciences sociales, économiques et politiques à Lyon, ndlr).
 

Droit du sol

"Peut-être que les Français ne le savent pas suffisamment mais une parlementaire devrait le savoir [...] : nous avons adapté la question du droit du sol à Mayotte", a précisé la ministre. La loi asile-immigration de septembre 2018 avait en effet révisé le droit du sol pour le 101ème département français : un enfant qui y naît ne peut désormais obtenir la nationalité que si ses deux parents sont en situation régulière depuis au moins trois mois.

Pour Annick Girardin, il est donc "faux de penser que l'on vient à Mayotte pour le droit du sol." Rappelant les "conditions sanitaires catastrophiques" aux Comores, Annick Girardin a ajouté à l'intention de Marine Le Pen : "Si nous devions accoucher aux Comores, je peux vous dire que l'on prendrait le kwassa-kwassa pour aller accoucher à Mayotte." Mais "cette idée de femmes qui viennent accoucher à Mayotte pour le droit de sol, ce n’est pas le cas."
 

"Mayotte aux Mahorais"

L'île fait face à une vague d'immigration très forte, en majorité en provenance des Comores voisines. Presque la moitié de la population ne serait pas native de Mayotte et il y aurait "45% de personnes étrangères en situation irrégulière". Ainsi chaque année, les autorités mahoraises effectuent en moyenne entre 18.000 et 22.000 reconduites à la frontière.
 
Une situation difficile dans un département "trop longtemps oublié", selon la ministre des Outre-mer, qui estime avoir senti "de l'espoir" lors de sa visite. "L’objectif du gouvernement c’est de rendre Mayotte aux Mahorais."
 
 

Amazonie

L'immigration clandestine et la démographie galopante sont aussi des problématiques cruciales en Guyane, mais le dossier actuel pour le gouvernement au niveau de ce département est celui des incendies dans la forêt amazonienne, en partie française. "La France est partie prenante de cette question", a-t-elle affirmé. Ces dernières semaines, la politique de déforestation du président brésilien Jair Bolsonaro a été fortement mise en cause dans les milliers de feux qui ravagent l'Amazonie. 

Interrogée sur la préservation de cette forêt et notamment sur l'industrie minière en Guyane, Annick Girardin s'est défendue, arguant d'une question de "modèle économique" : "La Guyane est un territoire en grande difficulté économique, qui vit sur une économie qui s’appelle l’orpaillage et il faut changer ça. [...] Est-ce que la Guyane ne peut pas avoir des revenus, des ressources qui lui permettent de sauvegarder l’Amazonie ?", a-t-elle interrogé. "Cette réflexion doit être portée au niveau européen et international. Là, on fera en sorte de lutter aussi contre l’exploitation trop importante de l’Amazonie."