Aigle Azur en redressement judiciaire : casse-tête chez Air Austral

Aigle Azur
© Michel Stoupak / NurPhoto

Le transporteur aérien réunionnais doit impérativement trouver des solutions de remplacement au plus vite pour assurer les 3 vols hebdomadaires entre Mayotte et Paris qui étaient assurés ces jours-ci et jusque début octobre par Aigle Azur.

 

Jean-Michel Mazerolle / La1ere.fr Publié le , mis à jour le

Pour Air Austral, la situation d'Aigle Azur vire au casse-tête. La situation est complexe parce qu'un des 2 boeing 787 Dreamliner de la compagnie réunionnaise est cloué au sol pour cause de maintenance obligatoire des moteurs Rolls-Royce. Air Austral avait donc affrété un appareil d'Aigle Azur, mais la situation financière catastrophique de cette compagnie oblige maintenant Air Austral a trouvé une autre solution.
 

Un casse-tête

Pour Air Austral, il s'agit d'un casse-tête car il n’est déjà pas facile d’affréter (de louer) des avions à des compagnies tiers en temps normal avec leur équipage. Cela nécessite un certain délai opérationnel pour planifier appareils et personnels et obtenir les autorisations nécessaires auprès des instances aériennes internationales qui régulent la circulation aérienne (IATA, DGAC, etc.)

Ce casse-tête prend des proportions encore plus importantes en période d’arrêt de toute une compagnie aérienne, qui plus est, Aigle Azur, la deuxième compagnie française en termes de passagers transportés. Eu égard au nombre de destination desservies, nombreuses sont alors les compagnies concurrentes à elles aussi devoir faire appel à des prestataires tiers. Dès lors, les tarifs d’affrètement s’envolent comme dans tout secteur concurrentiel ! Résultat, Air Austral doit jouer des coudes avec la concurrence et trouver des partenaires à des prix raisonnables. 

Une solution provisoire

Privée désormais d’Aigle Azur, la direction de la compagnie réunionnaise a dans l’urgence affrétée un autre avion, pour deux vols seulement, un appareil de la compagnie espagnole Plus Ultra qui vient d’effectuer les rotations entre Dzaoudzi et l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
 

Et après ?

Pour la suite, dans un communiqué interne, cette même direction informe ses salariés que dans le cadre de la gestion de l’arrêt d’Aigle Azur, elle « prolonge un contrat en cours avec (une autre compagnie espagnole) Vamos Air jusqu’au 4 novembre prochain afin d’assurer des rotations entre La Réunion et Mayotte tout en repositionnant de préférence (son) autre Boeing 787 dreamliner entre Dzaoudzi et Paris ».

Bonne nouvelle donc pour les passagers mahorais qui devaient voyager à bord de l’avion d’Aigle azur. Il semble qu’ils n’auront pas à transiter par La Réunion et changer d’appareil. Quid des autres ? Difficile pour l’heure de savoir ce qu’il adviendra. La direction de la compagnie Air Austral ne communique guère en externe sur ce dossier, indiquant simplement qu’elle « procède à des ajustements en optimisant l’utilisation de sa propre flotte. Seuls des retards sont à noter ».

Seul hic dans cette histoire : le retour de Vamos Air sur l’aéroport de Saint-Denis de la Réunion-Roland Garros qui n’a pas laissé que de bons souvenirs auprès des passagers. La toile se fait l’écho de nombreuses réactions négatives sur la qualité des prestations à bord des avions de cette compagnie privée espagnole low-cost basée à Madrid qui exploite des avions longs courriers et loue ses appareils auprès des différentes compagnies aériennes  comme Air Austral.