Un an après, la douleur des proches de Clarissa Jean-Philippe

Sonia Jean-Philippe
© France Ô | Sonia Jean-Philippe, la tante de Clarissa

Un après après la mort de la policière municipale tombée sous les balles d'Amedy Coulibaly, les membres de sa famille domiciliés en région parisienne racontent les difficultés de la vie "après-Clarissa". 

Maïté Koda
Publié le

Tous les mois c'est le même rituel. Sonia et Floris se rendent avenue Pierre Brossolette, à Montrouge. C'est ici que leur nièce, Clarissa Jean-Philippe a été tuée par Amedy Coulibaly. Ce 8 janvier 2015, la policière stagiaire intervenait sur un accident de circulation lorsque le terroriste l'a abattue avec sa kalachnikov.
 

Une plaque pour Clarissa

Sur les lieux du drame, pas de plaque ni de monument. La mairie de Montrouge, longtemps réfractaire à toute évocation de la mort de Clarissa, pourtant policière de la commune, a finalement décidé de renommer une rue de la commune à son nom. La plaque sera dévoilée ce samedi 9 janvier, en présence du président François Hollande. La policière municipale a également été promue, à titre posthume, au grade de Chevalier de la Légion d'honneur. 

Depuis un an, seuls les habitants se sont contentés d'entretenir ce lieu de mémoire, ajoutant ici des fleurs, là des mots de condoléance sur la grille qui surplombe la longue avenue.
 
"C'est tout ce que nous avons soupire Sonia, la tante de Clarissa. Je remercie chaleureusement les gens qui se déplacent pour entretenir. Il y a une vieille dame, Lucette qui vient très souvent nettoyer les lieux. Elle ne connaissait pas Clarissa mais a été très touchée par sa disparition. Elle est devenue la gardienne des lieux en quelques sorte". Domiciliés à Mantes la Jolie, à une soixantaine de kilomètres de Montrouge, Sonia et Floris ne peuvent se rendre aussi régulièrement sur place.

 Parfois j'ai la haine quand même. On nous montre tout le temps la photo de cet homme à la télé, au lieu de parler de Clarissa et des autres victimes. J'ai l'impression que c'est lui le héros

 






 


Un deuil difficile

Dans leur appartement des Yvelines, la mémoire de Clarissa est partout. Sur les murs ou la table du salon, le sourire espiègle de la jeune femme s'affiche sur toutes les photos.  "Elle a séjourné chez nous pendant un an après son arrivée de Martinique, précise Sonia. C'est la fille de ma sœur, elle était… vraiment une belle personne". Sa voix se brise. Depuis la mort de sa nièce, Sonia souffre de problèmes de santé et n'a pu reprendre son emploi d'agent de sécurité de façon continue. "Parfois j'ai la haine quand même", confie-t-elle. "Quand je vois qu'on nous montre tout le temps la photo de cet homme à la télé, au lieu de parler de Clarissa et des autres victimes. J'ai l'impression que c'est lui le héros!"

Regardez le témoignage de Sonia Jean-Philippe qui explique à quel point son deuil est difficile (Images France Ô)
 

Sonia multiplie les échanges téléphoniques avec sa sœur, la mère de Clarissa, qui vit à Sainte-Marie en Martinique. Sur son portable, Sonia nous montre un diaporama qu'elle vient de recevoir, des photos de sa nièce sur un fond musical. C'est sa soeur, la mère de Clarissa qui le lui a envoyé depuis Sainte-Marie en Martinique, où elle réside. Elle doit venir ce samedi dans l'Hexagone. Ensemble elles assisteront aux hommages que les villes de Montrouge et Carrière-Sous-Poissy ont prévu de rendre à la jeune Martiniquaise, morte pour la France à 26 ans. 
 

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