Les "Antillais" d'une boulangerie marseillaise ont du mal à passer

banettine marseille antillais
Capture d'écran Twitter

Une boulangerie de Marseille propose à la vente des pâtisseries en forme de visages noirs, aux yeux exorbités et aux lèvres démesurées; dénommées "Antillais". Malgré les protestations des internautes, les auteurs réfutent toute accusation de racisme.

Maïté Koda
Publié le , mis à jour le

C'est un post Facebook qui donne l'alerte. "Voici ce qu'on peut trouver à la boulangerie la Banettine de Marseille. Des têtes de Noirs qui seraient appelées l'Antillais, des gâteaux avec le visage d'un homme noir avec une grosse bouche rose, des yeux exorbités et un air naïf".
 
 

FR+ENG:Voilà ce qu’on peut trouver à la boulangerie « La Banettine », 102 rue Consolat à Marseille.Des « têtes de...

Posté par Amélie Koulanda sur lundi 23 novembre 2015

Outrée,  la jeune femme à l'origine de ce post assure s'être entretenue avec les responsables de la boulangerie afin de leur faire part de son malaise devant ces gâteaux. Se défendant de tout racisme ces derniers lui auraient répondu "si on le fait pour les animaux, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas le faire pour les Noirs. "
 
 
En effet, l'enseigne propose également, à coté des "Antillais"... des têtes de grenouilles. Joint au téléphone, le boulanger, employé de la boutique a assuré recevoir énormément d'appels depuis la publication du post. S'il n'est pas décisionnaire des choix de ses employeurs et du pâtissier, lui aussi réfute toute accusation de racisme. "Dans notre quartier il y a de tout. Le pâtissier fait ces gâteaux depuis un certain temps. A part peut-être quelques remarques, ça n'a jamais choqué personne", assure-t-il.
 

Un précédent à Grasse

Début 2015, le Cran (Conseil représentatif des associations noires) s'était emparé de l'affaire d'un pâtissier de Grasse qui proposait à la vente des statues en chocolat noir, plantureuses, affublées de larges lèvres roses et d'un phallus démesuré pour la version masculine. Le tribunal administratif de Nice, avait alors jugé leurs attitudes grotesques et obscènes, portant atteinte à la dignité humaine. S'en est suivi une interdiction d'exposer, mais ni de fabriquer ou de vendre les statues. Une décision annulée quelques semaines plus tard par le Conseil d'état qui a débouté le Cran.

En 2015, c'est un pâtissier d'Auxerre qui avait du changer le nom de ses oeuvres "Negro" et Bamboula.