Pierre Gattaz : " Sans la défiscalisation, c’est 50 % de chômage et peut-être même la révolution !"

Pierre Gattaz
© MB / Outremer 1ere | Pierre Gattaz, président du Medef, et Yann De Prince, président du Medef Réunion

Du 9 au 11 novembre, le président du MEDEF sera à La Réunion. Pierre Gattaz rencontrera les entrepreneurs locaux pour leur présenter sa "vision pour 2025". Il prévient également le gouvernement : il faut absolument conserver la défiscalisation à l’investissement.

Martin Baumer Publié le , mis à jour le

 
 
Son voyage coïncide avec celui de la Ministre des Outre-mer, mais c’est un pur hasard, assure Pierre Gattaz. Le président du MEDEF devrait toutefois s’entretenir avec George Pau-Langevin. Mais c’est d’abord pour rencontrer les entrepreneurs réunionnais que le patron des patrons se déplace. "L’Outre-mer est un atout de la France, et on ne l’utilise pas", assène-t-il.  "Dès maintenant, il faut une vision pour 2025 !" 

Et sa vision, Pierre Gattaz va donc l’exposer durant 3 jours. "La Réunion exacerbe toutes les qualités de la France, mais aussi tous les défauts. Les charges pèsent davantage sur les entreprises." Pour s’en sortir, et pour développer des emplois, le président du MEDEF prône un développement en partenariat avec les pays de la zone. 

 

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" Des emplois dans les filières d’avenir "

Pierre Gattaz l’admet, il faut d’abord changer les mentalités. Il veut donner davantage d’envie aux jeunes d’entreprendre. Pour créer des emplois. " Il y a énormément d’emplois dans les filières d’avenir : l’énergie, le climatique, l’agroalimentaire, la mer, les nouvelles technologies. Et il faut mettre en avant sa diversité." Pour établir une vision pour 2025, en plus de ces filières d’avenir, le président du MEDEF devrait bien sûr également inciter ses adhérents réunionnais à poursuivre le développement du futur. "Pour paraphraser Laurent Fabius, c’est un mal nécessaire", assure-t-il, en souriant.
 

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La menace au gouvernement

" Nos politiques doivent comprendre qu’il faut relancer la conquête. " La conquête, c’est le cheval de bataille du patron des patrons. " Mais on nous met des bâtons dans les roues. Aujourd’hui, on a la tête sous l’eau Outre-mer. Nous, on ne demande pas d’assistanat, on demande à baisser le niveau de la mer. Mais en attendant… " Pour résumer, Pierre Gattaz craint la suppression future de la défiscalisation à l’investissement. Car pour le MEDEF, jusqu’à preuve du contraire, le crédit d’impôts censé la remplacer ne fonctionne pas. " Il faut garder la défiscalisation et le crédit d’impôts compétitivité emploi (CICE) le temps de baisser les dépenses publiques, menace-t-il. Si aujourd’hui on enlève la défiscalisation, ce n’est plus 30 mais 50 % de chômage. Et peut être même la révolution ! " Pierre Gattaz réclame un bilan du gouvernement avant de basculer d’un système à l’autre.