La rue de la Nouvelle-Calédonie, artère vide et inhabitée

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Cette semaine La1ere vous offre une visite guidée des rues de Paris qui portent des noms ultramarins. Perdue dans le 12e arrondissement de Paris, la rue de la Nouvelle-Calédonie ne compte aucune habitation. Un grand complexe sportif brise la monotonie d'une voie délaissée. 

Thomas-Diego Badia
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Déserte. Triste rue de la Nouvelle-Calédonie sous un ciel blanc d'automne. Les feuilles rouge et jaune tapissent les maigres trottoirs de cette artère dédiée à l'automobile. Au loin, on entend le ronronnement incessant du périphérique.
 
Située tout à fait à l'Est du 12e arrondissement de Paris, on y accède par les Boulevards des Maréchaux qui ceinturent la capitale. Sur le boulevard Soult, avant le Lycée Paul Valéry, on tourne dans cette voie de 120 mètres, à la chaussée large de 20, et au double sens de circulation. De grands panneaux publicitaires vantant une émission de téléréalité balisent l'entrée.

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La rue est ouverte vers 1930, nous apprend le Dictionnaire historique des rues de Paris de Jacques Hillairet. "Construite sur le lieu du bastion 7 de l'enceinte de Thiers (bâtie entre 1841 et 1844), on la désigne sous le vocable F/12 jusqu'au 5 mai 1965 où elle est baptisée au nom du territoire d'outre-mer, en raison de sa proximité du Palais de la Porte Dorée abritant alors le Musée des arts africains et océaniens", rappelle le Dictionnaire historique des rues de Paris de Jacques Hillairet, publié en 1960.
 
De part et d'autre, pas de palmiers, mais des rangées de platanes, de robiniers et de tilleuls que côtoient les voitures garées les unes derrière les autres. La journée, de rares passants gravissent la rue en faux plat montant. Une femme et son chien passent. "Comme d'habitude, je prends le même chemin pour promener mon dalmatien", lâche-t-elle, sans prêter attention à son environnement.

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"Pas grand monde par ici" 

À moins d'habiter dans l'imposante résidence qui fait l'angle avec la rue du général Massimy, député de la troisième République, un grand immeuble rose pâle dénué de charme, il y a peu de raison d'emprunter la rue de la Nouvelle-Calédonie. Un agent d'entretien de la ville ramasse minutieusement les déchets sur le sol mouillé. Il confirme : "je n'ai jamais vu grand monde par ici".  Un véhicule d'auto-école tente une manœuvre compliquée.
 
La rue ne compte d'ailleurs qu'une adresse, le numéro 15. Derrière ses grilles qui bordent la rue se cache le Centre Sportif Paul Valéry. Un grand complexe composé de terrains d'athlétisme, de football, de tennis, mais aussi d'une salle de judo et de danse. Deux adolescents en sortent, ils viennent de taper la balle pendant une heure. "Il y a surtout des écoles qui viennent ici, où le soir des sportifs qui s'entraînent", informent-ils. De fait, les lieux sont ouverts jusqu'à 22h30 en semaine.
 
La rue de la Nouvelle-Calédonie se termine place Antoine-Furetière, coupée en diagonale par la rue du Général Archinard. Le cimetière de Saint-Mandé Sud et ses hauts murs de pierre sonnent la  fin de la voie anonyme.