Le soulagement des policiers ultramarins en attente de mutation

Le soulagement des policiers ultramarins en attente de mutation
© MEHDI FEDOUACH / AFP | Image d'illustration

L’Assemblée Nationale a voté des mesures pour aider les fonctionnaires des Outre-mer à rentrer plus facilement dans leurs territoires. Pour les policiers ultramarins en poste en métropole, l’heure est au soulagement mais aussi à la méfiance.

Laura Philippon
Publié le , mis à jour le

Arrivés en métropole pour leurs carrières de policiers, de nombreux ultramarins ne parviennent plus à rentrer chez eux. Avec des parents restés au "péi" ou une femme rentrée pour son travail, les situations de ces policiers séparés de leur famille par des milliers de kilomètres sont aussi diverses que dramatiques. 

"Hier soir, on a tous veillé tard pour entendre les débats à l’Assemblée nationale, raconte le policier réunionnais Cédric Boyer, président du CODIUM (le Collectif pour la défense des Ultramarins de Métropole) et représentant des Ultramarins d’Ile-de-France au sein du syndicat Alliance-Police. Pour moi et mes collègues, c’est un grand soulagement, une très bonne nouvelle".

Cinq ans de combat

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’Assemblée a voté des mesures pour aider les fonctionnaires d'Outre-mer à rentrer plus facilement dans leurs territoires. Désormais, "les centres d'intérêts matériels et moraux des fonctionnaires" deviendront un critère obligatoire à prendre en compte dans leurs demandes de mutation. "C’est historique, cela faisait cinq ans que l’on se battait pour obtenir cela, commente Cédric Boyer. Mais nous savons aussi que ce n’est qu’un amendement, il est encore possible que le Conseil constitutionnel invalide la décision".

Comme nous l'annoncions précédemment, un amendement inscrivant les centres d'intérêts matériels et moraux, avait été dé...

Posted by Association Codium on mercredi 7 octobre 2015

"On a la voiture sans le moteur"

Malgré la bonne nouvelle, Cédric Boyer et ses collègues restent méfiants, car "les critères censés mesurer l'attachement à un territoire ne sont pas encore mis en place". "On a la voiture mais pas le moteur", compare le policier.

De l'espoir

En relation avec le gouvernement, les policiers veulent participer aux travaux pour définir ces critères. "Il y a de grosses avancées, mais on espère qu’on ne sera pas déçu", poursuit Cédric Boyer. "De nombreuses familles de policiers ultramarins en attente de mutation vont désormais s’accrocher à ce texte avec l’espoir encore plus grand de voir rentrer leurs proches. Il faut maintenant aller jusqu’au bout pour ne pas les décevoir", assure Cédric Boyer, déterminé à poursuivre son combat.