La plus vaste zone de libre-échange au monde naît dans le Pacifique

TPP
© PETER PARKS / AFP

Douze pays du Pacifique ont scellé lundi un accord de libre-échange donnant naissance à la plus vaste zone de libre-échange au monde. S'il doit encore être ratifié par chaque Etat, l'accord représentera 40% de l’économie mondiale.

Thomas-Diego Badia
Publié le , mis à jour le

C’est une victoire politique pour Barack Obama. Le président américain avait fait du "Trans Pacific Partnership" (TPP) une des priorités de son second mandat. Après cinq ans de négociations, les négociateurs se sont entendus sur cet accord qui vise à fixer des règles pour le libre-échange du "XXIe siècle". La Chine, qui ne fait pas partie des douze pays signataires, devra adapter ses propres règles en matière de commerce, d'investissement et de droit commercial à celles établies par le TPP.
 
L'alliance (Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon,  Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande,  Pérou, Singapour, Etats-Unis et Vietnam), représente 40% de l'économie mondiale. "Après cinq ans de négociations intensives, nous sommes arrivés à un accord qui va créer des  emplois, mener à une croissance durable, promouvoir un développement équitable et développer l'innovation dans la région Asie-Pacifique", s'est félicité le négociateur américain Michael Froman.
 

Ouvrir de nouveaux marchés aux produits américains

Pour Obama, cela sera le moyen "d'aider nos entreprises à vendre plus de produits et de services à travers le monde. Quand près de 95% de nos clients potentiels vivent en dehors de nos frontières, nous ne pouvons laisser des pays comme la Chine écrire les règles de l'économie mondiale", a déclaré le président américain dans un communiqué. "Nous devons écrire ces règles, ouvrir de nouveaux marchés aux produits américains tout en fixant des normes élevées pour protéger nos travailleurs et préserver nos environnement", a-t-il ajouté.
 

Mécanismes pour empêcher les pays de favoriser leurs entreprises publiques

L'accord prévoit une ouverture substantielle des marchés des produits agricoles pour le Canada, les Etats-Unis et le Japon, que cela soit pour le sucre, le riz, le fromage ou le bœuf. Le Japon a fait d'importantes concessions pour abaisser ces tarifs sur les importations de produits alimentaires, depuis longtemps un point de contentieux avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis.
 
L'accord établit également des mécanismes pour examiner les contentieux entre les investisseurs étrangers et les gouvernements et pour empêcher ceux-ci de favoriser leurs entreprises publiques lors de la signature de contrats. Il demande également à des pays comme le Vietnam, le Mexique et la Malaisie d'améliorer les normes de protection des travailleurs. Il s'étend également à des secteurs comme l'échange de données et la propriété intellectuelle qui n'étaient pas couverts par de précédents accords multilatéraux.            
 

Des détails de l'accord encore secrets

L'accord doit encore être signé et ratifié par les douze pays et cela pourrait s'avérer difficiles pour  certains d'entre eux. Nombre de détails de l'accord sont restés secrets pendant la durée des négociations, suscitant des critiques sur les faveurs accordées aux entreprises multinationales face aux intérêts des consommateurs.

Une fois rendus publics, les détails pourraient susciter un mouvement de protestation,surtout au Canada où doivent se tenir des élections législatives dans moins de deux semaines, et aux Etats-Unis où les présidentielles ont lieu dans un peu plus d'un an. Des parlementaires américains ont déjà prévenu qu'ils ne ratifieraient pas un accord qui ne tiendrait pas suffisamment compte des intérêts américains.