Glob’îles #3 Pascale Chabanet : « En trente ans, la moitié des coraux de La Réunion a disparu »

Pascale Chabanet, directrice de recherche à l'IRD (Institut de recherche pour le développement)
© CB | Pascale Chabanet, directrice de recherche à l'IRD (Institut de recherche pour le développement)

La1ère poursuit sa série hebdomadaire de reportages avant la COP21 à Paris fin novembre. Le globe (symbole de notre série) est parti cette fois à La Réunion à la rencontre de Pascale Chabanet, chercheuse à l’IRD, spécialiste des récifs coralliens. Reportage.

Cécile Baquey
Publié le , mis à jour le

Les Récifs coralliens abritent un tiers de la biodiversité marine connue, alors qu’ils ne représentent que 0,2% de la surface totale des océans. A La Réunion, les coraux sont soumis à rude épreuve. Entre la pollution, l’urbanisation et les effets du réchauffement climatique, « l’île a perdu la moitié de ses coraux en trente ans », selon Pascale Chabanet. Cette directrice de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement) suit de près l’évolution de ce lagon qu’elle a connu enfant à La Réunion. L’une de ses étudiantes Lola Massé se consacre aussi à l’étude des coraux. La1ère les a rencontrées.
Regardez ce reportage tourné à Saint-Gilles :


Journaliste : Cécile Baquey
JRI : Thierry Chenayer
Montage : Yasmina Kherfi
Mixage : Léo Friez

Le lagon de La Réunion
© CB | Le lagon de La Réunion
 
►Bonus : pour en savoir plus sur les coraux :
 
A La Réunion, la majorité de la population se trouve sur le littoral. Or la population a dépassé la barre des 800 000. Selon Pascale Chabanet, « cette pression humaine se répercute sur le récif ». Le récif de La Réunion n’a que 1000 ans. Il est, de plus, particulièrement fragile, car il se situe en bord de côte, du fait de la jeunesse à l’échelle géologique de La Réunion. Heureusement, ce récif bénéficie d’un hydrodynamisme exceptionnel (houle et oxygénation) qui lui permet de se régénérer.  Ecoutez les précisions de Pascale Chabanet sur les pressions qui pèsent sur le récif de La Réunion.

« Le corail est un animal, c’est un polype, une petite anémone de mer, explique Pascale Chabanet à La1ère. Et cet animal a la particularité de vivre avec des algues, les zooxhanthelles, avec lesquelles il vit en symbiose. C’est la particularité des coraux constructeurs de récifs qu'on ne trouve que dans des milieux tropicaux, avec des eaux comprises entre 20° et 30° Celsius et dans des eaux peu profondes pour que les algues puissent assurer la photosynthèse en utilisant la lumière. Les coraux ont donc besoin de lumière et ils ont donc horreur des eaux troubles. L’érosion des bassins versants à La Réunion ne leur est pas favorable », conclue la scientifique. Les changements brutaux de température des eaux ne leur conviennent pas non plus. Cela trouble leur reproduction. Les explications de Lola Massé, responsable scientifique de la réserve marine de La Réunion.

« Le corail est au poisson ce que l’arbre est à l’oiseau », a coutume de dire la directrice de recherche de l’IRD (Inst. Le récif corallien est une forêt calcaire. C’est un écosystème complexe d’une richesse exceptionnelle. Le récif corallien peut être résiliant c'est-à-dire capable de résister aux perturbations ou aux agressions. Mais avec le réchauffement climatique, les perturbations sont de plus en plus fréquentes. Et ceci inquiète les scientifiques. Regardez les explications de Pascale Chabanet.   
 
Les récifs coralliens font vivre 500 millions d’hommes sur la planète selon l’Institut de recherche pour le développement (IRD), dans des secteurs comme la pêche ou le tourisme.