Plusieurs députés ultramarins réclament la suppression du mot "race" de la loi

Députés Outremer GDR
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Après les propos de Nadine Morano sur la "race blanche", les députés martiniquais, réunionnais et guyanais du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine), réclament à nouveau un texte législatif pour supprimer le mot "race" de la loi.

La1ère.fr (aevc AFP) Publié le , mis à jour le

En pleine polémique autour des propos de Nadine Morano sur la "race blanche", les députés Front de Gauche ainsi que plusieurs députés ultramarins du groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine), réclament un texte pour supprimer le mot "race" de la loi. Ils demandent à ce que le gouvernement inscrive à l'ordre du jour du Sénat la proposition de loi supprimant ce mot de la législation.

Les députés ultramarins qui sont signataires de cette demande sont les Martiniquais, Bruno Nestor Azerot, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor ; le Guyanais, Gabriel Serville ainsi que la Réunionnaise, Huguette Bello.

"Des propos écœurants"

Après avoir jugé que "le silence de l'ancien président de la République" Nicolas Sarkozy était devenu "honteusement assourdissant", le groupe de la Gauche démocrate et républicaine a considéré que "ses propos écœurants établissant un lien intrinsèque entre une prétendue - race blanche - et la définition de la population française devraient être sévèrement sanctionnés par sa famille politique".

A la différence des responsables politiques de tous bords, qui "s'en tiennent aux postures et autres incantations" à leurs yeux, ces députés ont fait valoir dans un communiqué qu'ils avaient entrepris de "s'attaquer au fond du problème en mettant en cause la persistance de la notion de race dans notre législation".

Déjà une proposition de loi en 2013

Co-écrite par les députés Front de Gauche et les députés martiniquais, réunionnais et guyanais composant le groupe GDR, une proposition de loi supprimant le mot "race" du code pénal, du code de procédure pénale et de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse avait été adoptée à l'Assemblée en mai 2013.

Un engagement de campagne de François Hollande

La majorité socialiste s'était ralliée à ce texte, soulignant qu'il s'agissait d'"une première étape". François Hollande s'était en effet engagé pendant la campagne présidentielle à supprimer le mot "race" de la Constitution. Mais le texte n'est jamais passé devant le Sénat, ont déploré jeudi les députés du groupe GDR, pour lesquels "il est du devoir et de la responsabilité du gouvernement de mettre cette proposition de loi à l'ordre du jour au Sénat".