Archives d'Outre-mer – 1991 : "l’interview confession" de Jacques Vergès

jacques vergès
© Ina | Jacques Vergès lors de l'enregistrement de l'émission "Double jeu" sur l’ex-Antenne 2, en septembre 1991.

Les week-ends, La1ere.fr vous propose un voyage dans le temps et l’histoire avec les archives de l'Institut national de l'audiovisuel (Ina). En 1991, le célèbre avocat réunionnais Jacques Vergès, décédé en 2013, était l’invité d’une "interview confession" à la télévision. 

Philippe Triay
Publié le , mis à jour le

En septembre 1991, l’avocat médiatique et sulfureux Jacques Vergès est l’invité de l’animateur Thierry Ardisson dans son émission « Double jeu » sur l’ex-Antenne 2. Très à l’aise comme à son habitude devant les caméras, il se livre à une « interview confession » dans l’atmosphère feutrée d’une église factice.
 
« C’est cette sensibilité de colonisé qui a guidé votre vie ? », lui demande Ardisson. « Je crois, oui » répond Vergès. « C’est pour ça que vous avez défendu Barbie ? ». « Je crois que Barbie est un personnage tragique de notre temps », explique l’avocat réunionnais. « C’est l’officier subalterne d’une armée d’occupation dans un pays qui résiste », ajoutant qu’il aurait pu défendre Hitler s’il le lui avait demandé. « Le travail d’avocat tel que je le conçois est un travail de création, avec son originalité », conclut Jacques Vergès.  
 

REGARDEZ : « l’interview confession » de Jacques Vergès (Antenne 2, septembre 1991)

Source : Ina  

 

A LIRE 

Jacques Vergès, ses souvenirs et ses fantômes
Qu’on l’aime ou pas, il faut reconnaître que Jacques Vergès est une mémoire vivante de l’histoire contemporaine. Au cours de ses multiples pérégrinations, Il a croisé de Gaulle, Ben Bella, Mandela, Mao, Pol Pot, Che Guevara, Malcolm X… Il fut également conseiller du roi Mohamed V du Maroc, et ministre plénipotentiaire en Algérie, chargé du département Afrique au ministère des Affaires étrangères de ce pays, entre autres. 
 
L’homme à l’éternel cigare aux lèvres restera également célèbre pour avoir été l’avocat de Klaus Barbie, l’ancien responsable de la Gestapo de Lyon, dont il dit qu’il accepta de le défendre, « curieux d’explorer l’abîme du cœur humain », et du terroriste Carlos.
Dans son nouveau livre, « De mon propre aveu » (éditions Pierre-Guillaume de Roux) Jacques Vergès poursuit le déroulement du fil de sa vie, entreprise déjà entamée dans d’autres ouvrages. Dans un style direct, parfois cabotin et un brin prétentieux comme il peut l’être, l’avocat revient sur des événements qui l’ont marqué, des luttes historiques, ses multiples voyages, ses amitiés, son amour de Paris… (Lire la suite ici)