"C'est comme si c'était hier", explique la tante de Clarissa Jean-Philippe, six mois après les attentats

Famille Clarissa
© David Ponchelet / la1ere | La tante et l'oncle de Clarissa, sur les lieux de son assassinat.

Il y a six mois, la France était frappée par une vague d'attentats, faisant 19 morts. La Martiniquaise Clarissa Jean-Philippe, policière municipale à Montrouge, était l'une des victimes des terroristes, assassinée par Amedy Coulibaly. Six mois après, sa famille de métropole porte toujours le deuil. 

Laura Philippon / David Ponchelet Publié le , mis à jour le

Le rituel est identique depuis le tragique 8 janvier 2015. Une fois par mois, Sonia et Léger viennent se recueillir devant le 74 avenue Pierre Brossolette, à Montrouge. C'est là qu'il y a six mois, Clarissa Jean-Philippe, leur nièce, est tombée sous les balles d'Amedy Coulibaly.

Lieu de mémoire Clarissa
© David Ponchelet / la1ere


Un lieu de mémoire improvisé

Six mois après, seules Quelques fleurs, des photos et dessins, qui commencent à s'abîmer avec le temps, témoignent du drame qui s'est noué ici. Ce petit lieu de mémoire improvisé n'a rien d'officiel, ce que regrette Sonia, la tante de Clarissa :  "Nous sommes obligés de nettoyer chaque mois ce lieu, d'enlever les fleurs fanées".
 
La jeune femme poursuit : "Cela me fait mal d'être ici, mais je suis obligé de venir pour avoir la sensation d'être proche de ma nièce".  Regardez l'interview de Sonia, qui explique ne toujours pas avoir réalisé que Clarissa ne reviendra pas :

Figée devant la photo de cette nièce chérie, Sonia chante doucement une prière et touche du bout des doigts la photo de Clarissa.
Sonia Clarissa
© David Ponchelet / la1ere


"Si elle était là..."

Léger, le compagnon de Sonia, s'active pour nettoyer l'endroit. Enlever les détritus qui traînent, les fleurs fanées. C'est dimanche, "Normalement, si Clarissa etait encore là, avec nous, nous serions ensemble à rigoler et préparer une sortie".  

L'attentat, la mort de Clarissa, "C'est comme si c'était hier", explique l'oncle de la jeune policière :


"Nous sommes abandonnés"

Après s'être recueilli sur ce petit bout de trottoir, Sonia et Léger vont à la messe, prier pour Clarissa. Six mois après, la tante de Clarissa a du mal à cacher son désarroi : "Nous sommes abandonnés depuis janvier. Après la mort de Clarissa, on nous disait "Appelez-nous si vous avez des besoins"... Mais aujourd'hui, lorsque ma soeur appelle la mairie de Montrouge ou les ministères, il n'y a plus personne pour lui répondre".  


Regardez le reportage d'Outre-mer 1ère / France Ô