George Pau-Langevin à Dachau pour dire non à la concurrence des mémoires

GPL Dachau Merkel
© DR | George Pau-Langevin et Angela Merkel seront dimanche à Dachau. Sur la porte du camp de concentration figure "Arbreit macht Frei", "Le travail rend libre", la cynique inscription des nazis.

La ministre des Outre-mer représentera la France, ce dimanche 3 mai, à Dachau, pour les commémorations du 70ème anniversaire de la libération du camp de concentration allemand. Avec une double visée symbolique. 

David Ponchelet (envoyé spécial à Dachau) Publié le

C'est avant tout un symbole fort. Ce dimanche 3 mai, à Dachau, la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, sera la représentante officielle du gouvernement français lors de la cérémonie officielle commémorant le 70ème anniversaire de la libération de ce camp de concentration allemand. La ministre assistera notamment au discours de la chancelière, Angela Merkel.
 

41.000 victimes 

Dachau, en Allemagne, à 20 kilomètres à l'ouest de Munich, fut l'un des premiers camps de concentration mis en place par les nazis. Entre mars 1933 et avril 1945, 200.000 personnes y furent déportées. Parmi elles, 41.000 périrent dans ce camp de la mort qui fut l'un des derniers libérés par les armées alliées, le 29 avril 1945, à la veille du suicide d'Adolf Hitler dans son bunker de Berlin. 
 
Dachau 1945
© ERIC SCHWAB / AFP | Lors de la libération du camp de Dachau, l'armée américaine, le 29 avril 1945, découvrit des charniers, dans et autour du camp de concentration

Une visite symbolique

La présence de George Pau-Langevin à Dachau a une double visée symbolique : la ministre des Outre-mer souhaite d'abord rendre hommage aux Ultramarins victimes de la barbarie nazie, comme Raphaël Elizé, mort en février 1945 à Buchenwald. Mais elle veut aussi et surtout répondre à la polémique sur la "concurrence des mémoires". En février dernier, l'ex-chanteuse Joelle Ursull avait ravivé ces feux mal éteints autour de la "hiérarchisation des crimes contre l'Humanité".
 

La concurrence des mémoires

Dans une tribune, Joëlle Ursull accusait François Hollande d'avoir "insulté par omission des peuples" en déclarant que "la Shoah est le plus grand crime contre l'humanité". Selon l'ex-chanteuse, l'esclavage "dépasse en nombre de morts, en traitement des victimes déportées, en durée et en horreurs, tout ce que l'avait précédé ou suivi".
 

"Ne pas se tromper de colère"

En réaction, George Pau-Langevin avait à son tour publié sur sa page Facebook une tribune dans laquelle elle expliquait :

Je refuse et je refuserai toujours de penser que la mémoire de l'esclavage  est une éternelle victime collatérale de la commémoration de la Shoah.
Ceux qui le pensent font fausse route, se trompent de colère.


 









Dans cette même tribune, la ministre annonçait sa participation aux cérémonies commémoratives de la libération de Dachau.
 

Plusieurs commémorations

La présence de la ministre à Dachau s'inscrit en plein "mois des mémoires" organisé par le Comité pour la mémoire de l'esclavage, une semaine tout juste avant un autre événement très symbolique : l'inauguration par François Hollande du Mémorial ACTe en Guadeloupe, le centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage.
 
Ces deux cérémonies, les commémorations de Dachau et l'inauguration du Mémorial ACTe, à une semaine d'intervalle et 7.500 kilomètres de distance, seront-elles les symboles des mémoires apaisées ?