D'origine martiniquaise, Alain Zabulon, le "Monsieur renseignement" du gouvernement serait sur le départ

Alain Zabulon, le "Monsieur Renseignement" du gouvernement est d’origine martiniquaise
© PATRICK KOVARIK / AFP | Alain Zabulon, 59 ans, avait quitté "sur sa demande" le poste de coordinateur du renseignement fin mai.

Alain Zabulon est chargé de coordonner les services de renseignement. D’origine martiniquaise, cet énarque proche de François Hollande reste discret alors que la loi renseignement, actuellement examinée par les députés, est fortement critiquée. Selon certains médias, il serait sur le départ.

Laura Philippon
Publié le , mis à jour le

Depuis deux ans, il est le "Monsieur renseignement" du gouvernement. D’origine martiniquaise, Alain Zabulon est Coordonnateur national du renseignement. Son rôle ? Veiller à la coopération et l’échange d’informations entre les différents services de renseignement en France. Un poste difficile compte tenu des rivalités qui existent entre ces services.

Alain Zabulon sur le départ ?

C’est peut-être pour cette raison qu’Alain Zabulon serait sur le départ, selon La Lettre de L'Expansion. Le magazine lui prête même pour point de chute une direction d'Aéroports de Paris. C'est Alain Zabulon lui-même qui aurait demandé à quitter ses fonctions au 1er mai, selon Valeurs Actuelles.

Un coordonnateur discret

En attendant, départ ou non, le Coordonnateur national du renseignement reste discret alors que le projet de loi renseignement est actuellement examiné à l’Assemblée. Depuis qu’il a été dévoilé en conseil des ministres en mars, le texte est sous le feu des critiques. Destiné à moderniser les moyens des services de renseignement face au numérique, il est jugé "liberticide" par ses détracteurs, et "nécessaire" par ses partisans.

Que prévoit le projet de loi renseignement ?

Alain Zabulon a participé à l’élaboration de ce projet de loi renseignement destiné à lutter contre le terrorisme après les attentats de Charlie Hebdo.
Le texte doit donner plus d’outils aux agents du renseignement pour surveiller des personnes soupçonnées de terrorisme. Ils pourront, par exemple, accéder aux "réseaux des opérateurs", c’est-à-dire les opérateurs télécoms, les réseaux sociaux et les hébergeurs de sites. Ils pourront aussi intercepter les appels téléphoniques d'un mobile, et l'utilisation de ces outils sera contrôlée par la Commission nationale de contrôle (CNCTR).

Savoir que tel individu est connecté à tel autre est une information (...). Ces micro-informations permettent de renseigner sur un éventuel projet d'attentat










Surveiller les terroristes sur internet

Selon Alain Zabulon, pour être efficace, il faut pouvoir suivre en temps réel, sur internet et les réseaux, les connexions d’environ 3 000 individus présentant une menace terroriste. "Savoir que tel individu s’est connecté à tel autre individu bien connu des services depuis des années est une information qui s’appelle un "signal faible". Le défi des services est d’être capable de détecter ces micro-informations qui, mises bout à bout, permettent de renseigner sur un éventuel projet d’attentat," expliquait récemment Alain Zabulon lors de son intervention devant la commission Défense de l’Assemblée.

Un énarque proche de François Hollande

Avant d’être nommé coordonnateur national du renseignement, Alain Zabulon, 57 ans, était directeur de cabinet adjoint du président de la République. Cet énarque est un proche de François Hollande qu’il a côtoyé lorsqu’il était préfet de la Corrèze en 2008. Diplômé de l’ENA, Alain Zabulon a effectué sa carrière dans la fonction publique. Né dans le 16e arrondissement de Paris de parents martiniquais, il est aussi reconnu comme spécialiste des questions de banlieues et d'égalité des chances.

Auditionné lors de l’affaire Cahuzac, Alain Zabulon avait notamment affirmé avoir prévenu le chef de l'Etat de l'existence d'une bande enregistrée sur laquelle une voix attribuée à Jérôme Cahuzac avouait détenir un compte en Suisse. Cette affaire l’avait projeté, malgré lui, sur le devant de la scène.