Pourquoi le malathion est-il interdit en Guyane mais toujours autorisé en Nouvelle-Calédonie ?

Malathion
© guyane 1ère

Le malathion, insecticide classé "cancérogène probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé, est interdit en Guyane depuis un arrêté publié le 31 mars 2015 au Journal Officiel. Mais il est toujours autorisé en Nouvelle-Calédonie. Le tribunal administratif vient de le confirmer. Explications. 

David Ponchelet
Publié le , mis à jour le

Le malathion serait-il moins toxique en Nouvelle-Calédonie qu'en Guyane ou dans le reste du monde ?  Cet insecticide destiné notamment à lutter contre les épidémies de chikungunya, est classé depuis la mi-mars "cancérogène probable" par l'Organisation Mondiale de la Santé. A la suite de ce classement par l'OMS, le gouvernement français a publié le 31 mars 2015 un arrêté au Journal Officiel interdisant désormais l'utilisation du malathion en Guyane.

Autorisé en Nouvelle-Calédonie

Pourtant, ce produit toxique reste autorisé en Nouvelle-Calédonie, comme vient de le confirmer le tribunal administratif de Nouméa (lire la décision du tribunal administraif en fin d'article). Une association locale de défense de l'environnement, "Ensemble Pour La Planète" avait déposé un recours réclamant l'interdiction du malathion. Le recours a été rejeté jeudi dernier. 

Pourquoi cette différence ?

Comment un produit peut-il être considéré comme toxique à certains endroits du territoire français et pas à d'autres ? C'est une conséquence de l'évolution statutaire de la Nouvelle-Calédonie. Le processus enclenché par les accords de Matignon puis de Nouméa autorise la Nouvelle-Calédonie à édicter ses propres règles en matière de sécurité sanitaire et environnementale. Et les lois votées pour la France hexagonale ne s'appliquent pas automatiquement à la Nouvelle-Calédonie.

L'association "Ensemble Pour La Planète" déplore d'ailleurs cette spécificité locale. Sa présidente, Martine Cornaille, explique : "Nous plaidons pour que la Nouvelle-Calédonie s’adosse aux référentiels sanitaires et environnementaux européens mais nous avons à faire à de très fortes résistances". Réagissant à la décision du tribunal administratif de Nouméa, elle confie sa colère : 

Il nous faut donc nous résigner à être les derniers et les seuls ultramarins français à être exposés volontairement à ce poison.








Une page facebook et une pétition en ligne

Sur facebook, une communauté "Non au malathion en Nouvelle-Calédonie" réunit à ce jour près de 500 personnes et une pétition en ligne a recueilli jusqu'à présent 1200 signatures. Cette pétition demande à la mairie de Nouméa et au gouvernement de Nouvelle-Calédonie de stopper l'utilisation du malathion. 

La décision du tribunal administratif de Nouméa

Voici la décision du tribunal administratif de Nouméa qui a été prononcée en audience publique le 2 avril 2015 (cliquez sur le document ci-dessous pour accéder à l'intégralité du texte) :

 

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