"Opération kangourou": Le Géant australien du nickel débarque sur le Caillou

Koniambo
© Alain Jeannin | L'usine de nickel (KNS) du Koniambo (SMSP-Glencore) en Nouvelle-Calédonie.

Début mai, une délégation d'industriels australiens du nickel est attendue en Nouvelle-Calédonie. Hasard de calendrier, la conjoncture est particulièrement mauvaise pour l'industrie calédonienne du nickel. Les Australiens s'attendent à découvrir une industrie locale déprimée en quête de remèdes.

Alain Jeannin Publié le , mis à jour le

A saut de Kangourou…

Un voyage d'étude est prévu en Nouvelle-Calédonie du 4 au 8 mai prochain. Douze membres du patronat australien vont observer et étudier l'état du secteur minier calédonien. Ils en profiteront pour valoriser la technologie minière australienne et trouver des débouchés locaux. Des sous-traitants en équipement minier feront d'ailleurs partie du voyage. Ces derniers mois, l'usine du Nord connaît de sérieux déboires, elle pourrait saisir "cette main tendue".
Les Australiens ambitionnent en effet de s'emparer du leadership technologique et industriel dans la Région. Des visites des sites miniers et des usines calédoniennes sont prévues. Dans l'interview qu'il nous a accordée, Megan Edwards le directeur de la Communication de Austmine, précise les intérêts multiples de cette visite de terrain…

Outremer 1ère: Vous représentez l'une des branches du patronat australien, quelle est votre influence ?
M. Edwards: Austmine regroupe les industriels de l'exploitation minière, de la technologie et des Services. Nous couvrons donc toutes les composantes du secteur des matières premières. Plus largement, Austmine favorise la promotion de la technologie australienne comme de l'innovation. Nous voulons faire de l'Australie un centre mondial de l'industrie du nickel.

Quelle est votre expertise et l'importance du secteur minier australien ?
Notre expertise est globale. L'exploitation minière, les métaux, la technologie métallurgique et les Services constituent l'épine dorsale de l'économie australienne avec des milliards de dollars de recettes et des centaines de milliers d'emplois. Notre sous-sol regorge de matières premières allant du charbon au nickel, en passant par le fer et  l'uranium. Nos entreprises, pionnières du secteur, ont su s'adapter aux nouvelles méthodes d'exploitation.
 
Quelle est votre analyse du secteur industriel et minier en Nouvelle-Calédonie?
La Nouvelle-Calédonie représente un vrai potentiel, une opportunité pour les entreprises australiennes. Une collaboration renforcée est possible avec les producteurs de nickel et les sous-traitants locaux. Nous sommes en mesure de leur proposer des solutions innovantes et fiables. Cela pourrait se traduire par du transfert de technologie, et des échanges de compétences entre nous. 
Je crois qu'aujourd'hui, les producteurs locaux doivent concilier rentabilité, protection de l'environnement et fiabilité technologique. Nous pouvons les aider...

12 entrepreneurs australiens seront à Nouméa début mai, vont-ils ausculter de près les usines calédoniennes ?
Nous souhaitons développer des relations étroites et mutuellement profitables. Quels sont les défis, les besoins, quelles solutions pouvons-nous proposer? Notre expertise de leaders mondiaux de l'innovation industrielle sécurisée, notre présence dans toute la zone Pacifique. Pour les Calédoniens et pour nous, ce serait du " win-win", du gagnant-gagnant.