SMA, service civique et service national : quels dispositifs pour renforcer l'esprit citoyen ?

RSMA Martinique
© AFP PHOTO PATRICE COPPEE | "La réussite par l'effort et le travail", telle est la devise des jeunes du RSMA de la Martinique.

Comment renforcer l’esprit citoyen chez les jeunes ? Le débat est relancé après les attentats en France. Service Militaire Adapté, service civique et service national, des dispositifs existent en France hexagonale et Outre-Mer. Explications.

Laura Philippon
Publié le , mis à jour le

Après les attentats dans l'hexagone il y a deux semaines, le débat est relancé autour de l’esprit citoyen chez les jeunes. Par quels moyens renforcer cet esprit citoyen ainsi que la mixité sociale ? Alors que des élus de droite réclament un retour au service national, le chef de l’Etat, François Hollande, prône l'élargissement du service civique. Le Service Militaire Adapté est, lui, toujours en place Outre-Mer.

Le (R)SMA qu’est-ce que c’est ?

Le (Régiment du) Service Militaire Adapté est un dispositif militaire d’insertion socioprofessionnelle destiné aux jeunes en difficulté Outre-Mer. Il a été créé en 1961 et a déjà formé 130 000 jeunes Ultramarins. Sa mission est de les insérer dans la vie active grâce à des formations portant sur les métiers de la mécanique, du bâtiment, ou encore de la restauration et du tourisme. L'objectif est ensuite de placer les jeunes sur des emplois durables.
Environ 5 000 jeunes sont accueillis par an au sein des huit formations du SMA. Des régiments sont situés en Guyane, à la Martinique, en Guadeloupe, à La Réunion, en Nouvelle Calédonie et en Polynésie française. Un groupement est également présent à Mayotte et un détachement à Périgueux.
Trois jeunes sur quatre sont insérés à l’issue de leur parcours. La fréquentation des SMA a doublé entre 2009 et 2016. 3 000 jeunes étaient inscrits en 2009, 5 000 aujourd’hui et 6 000 à l’horizon 2016.

Le service civique

Le service civique est entré en vigueur en 2010. Il est ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans, sans conditions de diplôme. Les missions sont indemnisées 573 euros par mois. En 2015, la France (Outre-mer compris) compte plus de 35 000 jeunes inscrits.
Il s’agit "d’un engagement volontaire au service de l'intérêt général". Ce service civique est décrit comme un moyen d'insertion sociale, notamment pour les jeunes qui connaissent des difficultés scolaires. Il peut être effectué auprès d’associations, de collectivités territoriales ou d’établissements publics, sur une période de 6 à 12 mois.
François Hollande a annoncé une augmentation de l'accueil des volontaires du service civique. Ce dernier est en effet victime de son succès. L’an dernier, quatre demandes sur cinq sont restées sans réponse.
Selon une étude de l'agence du service civique, 75% des jeunes occupaient six mois après un emploi ou avaient repris des études.

Le service national

Il s’agit de l’ancien "service militaire". Tous les hommes majeurs avaient l'obligation de servir l'armée du pays durant une période d'abord de dix mois, puis de douze mois. Le service militaire a été suspendu en 1996 par Jacques Chirac. Depuis l’armée est un corps uniquement professionnel. 
A la place de ce service national, une journée d’appel de préparation à la défense à été mise en place. Elle s’adresse aux jeunes de 16 à 18 ans. Il s’agit d’une journée citoyenne à l’issu de laquelle les jeunes reçoivent un certificat individuel de participation. Ce certificat est nécessaire pour passer les concours et examens d'État (dont le permis de conduire), avant l'âge de 25 ans.
Le service national, lui, pourrait être rétabli, comme le réclame certains élus de droite, mais cela aurait un coût. La plupart des casernes ont été vendues et le budget total de ce retour du service militaire atteindrait 1,5 milliard d'euros par an. A gauche, la proposition est jugée irréaliste par certains. "Il ne correspond plus aux besoins de notre armée, estime pour sa part le Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Nous avons fait le choix de la professionnalisation de notre armée et nos opérations nécessitent des compétences qui ne peuvent pas être apprises en six mois".
Par ailleurs, le service militaire et le passage par l'armée française n'ont pas empêché une dizaine d'anciens militaires de s'engager dans le jihad en Syrie et en Irak. Cette information révélée par Radio France Internationale a été confirmée par le ministre de la Défense qui parle de cas "extrêmement rares".