"Saint-Pierre-Noël-et-Miquelon" vue par la presse

"Saint-Pierre-Noël-et-Miquelon" en Une du Canard enchaîné
© CB | "Saint-Pierre-Noël-et-Miquelon" en Une du Canard enchaîné

Le Canard enchaîné, le Parisien, le Monde, le Figaro, l’Humanité se sont intéressés à la visite de François Hollande à Saint-Pierre-et-Miquelon avec chacun un regard différent. Tour à tour moqueur ou grave : revue de presse avec La1ère.

Cécile Baquey
Publié le , mis à jour le

La palme revient au Canard enchaîné avec ce titre en Une : "Saint-Pierre-Noël-et-Miquelon". Le Canard se moque gentiment de la visite présidentielle justifié "par l’attachement de l’archipel à la France pendant la Seconde Guerre Mondiale". Pour l’hebdomadaire, cette noble cause ne doit pas cacher "un non-négligeable attrait pour le chef de l’Etat :  en 2012, les 6 080 insulaires du cru ont voté à 65% pour lui. Au large de Terre-Neuve, les eaux sont bonnes pour la pêche aux voix !"

La Une du Canard enchaîné
© DR | La Une du Canard enchaîné


"Archipel perdu"

Plus sérieux : le Figaro titre "François Hollande invite à ne pas céder à la panique". Le quotidien s’est avant tout intéressé au message d’apaisement du président de la République après les événements  inquiétants de Joué-lès-Tours, Dijon et Nantes. Le Figaro ne prend pas de gants pour parler de Saint-Pierre-et-Miquelon : "cet archipel français, perdu au large de terre Neuve, à plus de 4 000 km de l’hexagone". Le mot "perdu" revient à deux reprises dans l’article.

"Une population qui s'est accrochée"

Mais le Figaro conclue sur une note plus élogieuse pour l’archipel. Le quotidien cite le président de passage à Miquelon, pour "un vin d’honneur" avec 600 habitants.  "Vous êtes le symbole d’une population qui s’est accrochée (…) à un territoire, à un destin. Malgré les difficultés, vous les avez surmontées. Vous êtes un exemple pour l’ensemble de la nation, qui peut traverser des épreuves, comme cela arrive en ce moment".

La décision de 1992

L’humanité s’est penchée sur le conflit qui oppose la France au Canada depuis la fin des années 60 autour de Saint-Pierre-et-Miquelon. Le quotidien communiste rappelle "qu’en avril dernier la France a déposé une demande d’extension du plateau continental de ce territoire. Il a y a donc peu de chance que cette première visite d’un président français depuis 1999 soit une coïncidence". L’Humanité rappelle la décision d’un  tribunal new-yorkais en 1992 sur les eaux territoriales, reconnaissant "à Saint-Pierre-et-Miquelon le droit de disposer d’un zone de 12 400 km2. Bien en deçà des 48 000 km2 que la France réclamait… sans hauts cris". Ce fut coup "rude" pour les pêcheries de l’archipel, d’autant plus que la morue se faisait rare…

ZEE de Saint-Pierre-et-Miquelon décidée en 1992
© DR | ZEE de Saint-Pierre-et-Miquelon décidée en 1992

Une stratégie payante ?

Depuis 2000, poursuit l’Humanité, la France semble plus virulente pour défendre ses droits face au Canada, sachant que les sous-sols marins de l'archipel sont probablement "riches en hydrocarbures". Le quotidien estime que la récente visite de François Hollande au Canada, puis l’abstention de la France au parlement européen sur une directive suceptible de pénaliser l’importation du pétrole canadien fait partie d’une stratégie. L’Humanité conclue en se demandant si elle sera payante…

"Il fallait y penser"

Plus léger, le Parisien dans son édition du 23 décembre s’amuse : "avec trois habitants au kilomètre carré à Miquelon, ce n'est pas gagné pour le bain de foule de Noël... (…) Etre de passage un 24 décembre dans ce petit bout de France d'Amérique du Nord d'à peine 6 000 habitants, il fallait y penser : Hollande l'a fait (…).Charles de Gaulle (1967), François Mitterrand (1987) et Jacques Chirac (1999) sont passés à Saint-Pierre-et-Miquelon avant lui, rappelle le Parisien. Mais jamais en hiver et sûrement pas la veille de Noël. Nicolas Sarkozy, lui, n'y a jamais mis les pieds".
 

"La grande visite"

Le quotidien raconte aussi que "la grande visite" comme on l’appelle à Saint-Pierre-et-Miquelon a "plutôt des allures de calvaire pour la délégation, angoissée de rater le réveillon en famille... (…) La possibilité d'apercevoir des baleines à bosse ne semble pas emballer la petite troupe, pourtant habituée à un Hollande qui ne tient pas en place. Il s'était rendu en Arabie saoudite... le 29 décembre 2013", conclue le Parisien.
 
Revue de presse
© DR | Revue de presse


Un passé héroïque

Le Monde aussi s’est demandé dans son édition du 22 décembre (lien abonnés) ce qui avait bien pu pousser François Hollande à se rendre à Saint-Pierre-et-Miquelon l’avant-veille de Noël. "Premier élément de réponse : le culte de notre mémoire nationale. Le 24 décembre 1941, des forces navales de la France libre, emmenées par l’amiral Emile Muselier et Alain Savary, prenaient le contrôle de ces îles, placées sous la férule du régime de Vichy depuis la débâcle de juin 1940. Consultés, les habitants se prononcèrent à une écrasante majorité pour le ralliement au général de Gaulle. François Hollande va célébrer le 73e anniversaire de cet événement". Enfin, souligne le Monde, depuis son entrée en fonction, il y a deux ans et demi, François Hollande s’est rendu en Guyane, à Mayotte, à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie. Il s’est engagé à aller dans tous les Outre-mer. Il lui reste donc pas mal de destinations, conclue le quotidien du soir.