Rames Guyane 2014 : à J+5, météo défavorable et retour vers les côtes

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© JODY AMIET/RAMESGUYANE.COM | Le bateau du skipper Gérard Marie, au départ de Rames Guyane 2014 à Dakar, le 18 octobre 2014.

Cinq jours après le départ de Rames Guyane, les conditions météo sont toujours aussi mauvaises. L’échappée de mercredi a été de courte durée avec un retour du vent d’ouest qui ramène les skippers vers les côtes du Sénégal. Physiquement et mentalement, les défis augmentent.  

Philippe Triay
Publié le , mis à jour le

Ils ont ramé pour (presque) rien ! Le reste des skippers engagés (les Guyanais Harry Culas et Salomé Castillo, ainsi que Rémy Landier et Olivier Montiel) qui étaient partis à l’assaut de l’Atlantique, quittant mercredi leur mouillage en profitant de meilleurs courants et de vents plutôt favorables, sont actuellement rabattus vers le Sud des côtes sénégalaises par un mauvais vent d’ouest. Et les autres concurrents, partis plus tôt vers le large, sont également ramenés vers le sud-est.
 

Dur de garder le moral

Déception, fatigue et un certain découragement gagnent l’équipée en solitaire. Dur de garder le moral avec de telles conditions météorologiques. D’autant que ça ne va pas s’améliorer. Selon  Mathieu Morverand, le routeur des concurrents Rémy Landier et Olivier Montiel, il est probable que la situation ne va pas vraiment changer avant le début du mois de novembre. Soit encore une semaine de patience avant de retenter un départ au large ! Dans les jours à venir, tout va se jouer sur le mental.
 
Concrètement, les skippers vont devoir aujourd’hui rechercher un point de mouillage vers les côtes, suite à une nuit passée avec l’ancre flottante pour éviter de trop dériver et de perdre les milles gagnés. Puis ce sera l’attente avant d’essayer de gagner encore le large afin de capter des courants et des vents favorables, si ce satané vent d’ouest cesse !
 
Ci-dessous, le relevé de situation des skippers jeudi 23 octobre à 12h (heure de Paris). La ligne jaune représente la route idéale prévue pour aller vers la Guyane, dite route « orthodromique ». On voit sur la carte que les embarcations reviennent vers les côtes sénégalaises à cause des conditions météo. (Suivez en direct le parcours des rameurs sur la cartographie ici, actualisé plusieurs fois par jour).

Rames Guyane J+5 carte
© geovoile/ramesguyane.com
 


Voici quelques réactions de skippers recueillis par le PC course mercredi 22 octobre :

(avec ramesguyane.com)

Olivier Bernard (Guyane, bateau Ninay973)
« Epuisant ! J’étais à cent lieues d’imaginer que cela puisse être aussi dur. Ramer contre le vent avec une houle de travers qui roule le bateau sur bord devient vite épuisant. Et quand le bateau roule de la sorte, difficile de coordonner les mouvements des avirons. Et dire que l’on nous propose ces vents contraires pendant encore plusieurs jours ! »
 
Rémy Landier (bateau La Vie devant soi)
« Finalement, j’ai fait un sacré tour de manège pour rien. Samedi nous partions la fleur au fusil, cap à l’ouest mais dès la première nuit, le vent me repousse vers le sud et j’ai l’impression de tout perdre. Assez curieusement, je me persuade du fait que le salut ne peut venir que dans un retour à Dakar. Je rame donc de toutes mes forces vers la terre et je longe la côte jusqu’au Cap Manuel. Trente heures de combat pour un sacré tour de manège ! »
 
Philippe Malapert (bateau Paulimber)
Toujours en attente et au mouillage sous le Cap Manuel à Dakar.
« Comme j’ai le temps, j’ai vérifié le fonctionnement de mon système électrique. Catastrophe, l’un des régulateurs de mes panneaux solaires semble ne plus fonctionner. J’ai testé le grand panneau solaire et il est à 17 volts. Donc il marche. Reste à réparer le fameux régulateur et comme je ne suis pas un spécialiste, ça risque d’être compliqué. Mais si on doit rester au mouillage jusqu’à lundi prochain, j’ai du temps devant moi pour tout remettre en état. »
 
Matthieu Martin (bateau Lilo - Solitaire Solidaire)
 « Je m’éclate ! C’est encore mieux que prévu ! Mer bleue, poissons volants, baignade rafraichissantes… Et la nuit, des milliers d’étoiles qui me font de l’œil pour m’encourager à souquer ferme sur les avirons. Et dire que cet incroyable spectacle est organisé rien que pour moi ! Magique, je vous dis ! »