Insecticides: Gabriel Serville met en garde sur l'usage du malathion en Guyane

Gabriel Serville
© guyane 1ère

Le député de Guyane réagit à l'utilisation du malathion, insecticide interdit en Europe mais autorisé par dérogation en Guyane dans la lutte contre le chikungunya. Selon le député, le recours à cet insecticide "effraie autant autant que le chikungunya qu’il est censé combattre".

Maïté Koda
Publié le , mis à jour le

Jusqu'ou peut-on aller dans la lutte contre le chikungunya ? C'est la question posée par le député PS de Guyane Gabriel Serville. Dans une tribune diffusée sur le site Le Plus de l'Obs, il dénonce la politique des autorités guyanaises en la matière.
 
Ces dernières ont recours au malathion, un insecticide neurotoxique puissant, mais interdit par précaution par l'Union européenne depuis 2007. Face à la résistance des moustiques aux insecticides plus "classiques" et à la progression du chikungunya dans le département, le gouvernement français a eu recours au malathion, une première fois en 2009, une deuxième depuis août 2014. Le produit est nocif pour les moustiques mais également grand nombre d'insectes, notamment les abeilles et les espèces aquatiques. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), sans se prononcer sur la toxicité du produit pour l'homme, recommande néanmoins la plus grande prudence dans son utilisation près des denrées alimentaires et des lieux de foule. 

 

La peste ou le choléra

"En l’autorisant, même temporairement, et de surcroît exclusivement sur le sol guyanais, les autorités ont allumé une braise qui semble tenace…", écrit Gabriel Serville pour qui le dilemme se présente "comme le choix entre la peste et le choléra". Le député demande également une prise de position claire de la part du gouvernement.
 

Une souche de moustique-tigre venue de la frontière du Surinam s'y est d'ores et déjà montrée résistante

 






"Décidera-t-il de faire jouer le principe de précaution en prenant le risque que l’épidémie ne fléchisse pas, voire pire, qu’elle s’intensifie ? Ou confirmera-t-il l’utilisation d’un produit cristallisant les craintes de la population et d’une partie de la communauté scientifique alors même qu’une souche de moustique-tigre venue de la frontière du Surinam s’y est d’ores et déjà montrée résistante ?"

Gabriel Serville en appelle également à Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, qui avait promis en cas de "mauvaise utilisation" du produit, d'interrompre le recours au malathion.
 
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