Homophobie: Outre-mer, les victimes gardent le silence

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Mardi 16  septembre, l'association SOS homophobie organise une campagne de communication pour briser le silence qui entoure les victimes d'homophobie, et dénonce un silence particulièrement pesant dans les Outre-mer. 

Maïté Koda
Publié le , mis à jour le

Les chiffres du rapport sur l'homophobie parlent d'eux-même: en   2013, les témoignages rapportant des  actes homophobes, portés par l'opposition au Mariage homosexuel ont augmenté de près de 80%.  
Une homophobie "ordinaire",  qui s'exprime avant tout par des insultes et du harcèlement de la part de voisins, de collègues, de supérieurs hiérarchiques… "Et pourtant, déplore François Meyer, co-référent de la ligne d'écoute, certaines victimes s'isolent et n'en parlent pas". Parmi les publics le moins enclin à appeler: les femmes, les transsexuels, les personnes âgées ou à l'inverse, très jeunes. Autres victimes silencieuses: les ultramarins.
 
 

Peu de victimes enclines à témoigner dans les Outre-mer

"En 2013, sur 3 500 appels recensés par notre association,  4 venaient de la Réunion. L'année précédente, nous en avions trois de Mayotte et deux de Martinique. En 2011,  nous avons eu seulement deux coups de fils de la Réunion…", précise François Meyer.  
Mais il en est convaincu, "au regard de ces rares témoignages, on voit bien que l'homophobie n'est pas moins présente Outre-mer. Mais ca reste un sujet dont on évite de parler", poursuit-il.
 

Grande campagne de communication

C'est donc pour délier la parole des victimes, et leur proposer à la fois des conseils pratiques, juridiques ou médicaux que l'association lance ce mercredi une grande campagne de communication. Des spots TV seront diffusés dans les médias de l'Hexagone, et des affiches et outils de campagne sont mis à disposition de l'ensemble des antennes françaises, Outre-mer compris.
A ce jour, l'association, composée de bénévoles, peine encore à s'implanter dans les départements d'Outre-mer. Ce sont plutôt les structures locales qui prennent en charge les victimes, quand celles-ci acceptent de se livrer.
 

Soutien juridique

Une petite délégation de SOS homophobie a été mise en place à la Réunion, et un référent est joignable également en Guadeloupe.
Pour tous les autres ultramarins souhaitant entrer en contact avec l'association, l'appel sera traité depuis l'Hexagone. SOS homophobie tient à leur disposition des personnes qui l'appellent les coordonnées de psychologues, ou d'avocats particulièrement au fait de la situation des victimes d'homophobie. Un service juridique, consultable par mail via le site de l'association permet également d'obtenir des conseils sur les démarches à suivre en cas d'agression, physique ou verbale.