Fronde contre un projet d'accord migratoire France-Comores

Des clandestins comoriens  à bord d'un kwassa kwassa
© AFP | Photo d'illustration

Des associations et des partis ont dénoncé jeudi des négociations entre la France et les Comores en vue de la signature d'un accord sur l'immigration qui, selon eux, visent à transformer l'île de Mayotte en "forteresse". 

La1ere.fr (avec AFP) Publié le , mis à jour le

Le président François Hollande est attendu dans l'archipel des Comores le 26 juillet pour un sommet de la Commission de l'océan Indien.
 
"L'enjeu majeur" de sa visite "pourrait bien être la signature d'un accord bilatéral" sur "la circulation des personnes" entre les trois îles de l'archipel des Comores et le département français de Mayotte, écrivent dans un communiqué conjoint plusieurs associations (Migreurop, Gisti, LDH, Emmaüs, etc.) et partis de gauche (PCF, EELV, Ensemble, etc.) Selon eux, cet accord vise à "faciliter la circulation (...) pour une caste dirigeante comorienne qui, à ce prix, accepte de coopérer avec la France pour mieux l'interdire aux autres."

        

"Montage inéquitable"

L'accord prévoit de faciliter la délivrance de visa aux chefs d'entreprise, artistes, sportifs de haut niveau, ou autre haut diplômés, ainsi que pour certains motifs personnels (santé, familles proches, obsèques), selon une version non définitive connue des organisations. Pour les autres Comoriens, l'Union des Comores s'engage à accepter le retour des expulsés, et à "coopérer avec la France pour interdire la circulation non autorisée vers Mayotte".
        
Les signataires dénoncent "un montage inéquitable" qui, à l'instar d'accords signés entre l'Union européenne et certains pays sources d'immigration (Maroc, Tunisie...), risque d'avoir des "conséquences dramatiques" en poussant les migrants à emprunter des routes toujours plus "périlleuses".
        

Mayotte, un tiers de sans-papiers selon les estimations 

L'archipel des Comores, l'un des pays les plus pauvres d'Afrique, n'est qu'à 70 kilomètres de Mayotte et ses habitants sont nombreux à risquer la traversée, souvent à bord d'embarcations de fortune, les kwassa kwassa. Des dizaines meurent chaque année dans des naufrages. Jusqu'à un tiers de la population de Mayotte serait constitué de sans-papiers, selon les estimations.
 
Le gouvernement vient de publier une ordonnance pour rapprocher le droit des étrangers en vigueur à Mayotte des normes hexagonales, mais d'importantes dérogations demeurent. Des organisations ont introduit un recours devant le Conseil d'État contre ce texte jugé "discriminatoire".