L'incroyable ferveur du peuple jaune et vert

Brésil jaune et vert
© Nicolas Ransom

Hier, la Seleçao jouait son troisième match, gagné 4-1 contre le Cameroun. Nicolas Ransom nous décrit dans Carnet de Coupe la formidable ferveur du peuple brésilien pour son équipe nationale. Jaune et vert, Plus que deux couleurs, un symbole d'unité nationale.

Nicolas Ransom / la1ere.fr Publié le , mis à jour le

À Rio, un quartier grouille de monde à longueur de journée : "Saara". 1200 boutiques sur 11 rues autour du "Mercado popular". Un Barbès à la brésilienne. Avec la musique en plus. À chaque coin de rue, des enceintes crachent de la Samba à fond.

Quartier Saara Rio
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Vêtements, vaisselle, quincaillerie, tissus, bijoux, matériel hi-fi... On y vend de tout et de rien. Rarement de la qualité mais toujours très bon marché. Depuis le début de la Coupe du Monde, Saara a viré au jaune et vert. Des cravates aux casseroles en passant par les chaussures ou les taies d'oreiller. Tout est aux couleurs de la Seleçaõ.
Boutique jaune et verte Rio
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Chiffre d'affaires triplé !

vendeur maillots Rio
© Nicolas Ransom

"Ce mois-ci, on a triplé notre chiffre d'affaires", jubile Valdir, vendeur de chemises. "En ce moment, c'est surtout les maillots de foot qui marchent alors j'en mets sur mon trottoir pour attirer les clients et les faire entrer dans mon magasin !"
vendeur chemises Rio
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De l'autre côté de la rue, Bruno est assis sur un tabouret. Il vend ses drapeaux, trompettes et autres bibelots à même le pavé. Tout à moins d'un euro. En vrac dans des caisses en plastique, jaunes bien sûr. " Nous, on a super bien vendu avant la Coupe. Les Brésiliens ont beaucoup dépensé pour décorer leur maison. Maintenant, ça stagne un peu."

Eduardo, vendeur à la sauvette

Vendeur objets jaune et vert Rio
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Dans le quartier, en plus des commerçants "légaux", il y a les vendeurs à la sauvette. 
Depuis plusieurs semaines, ils ont envahi la place du Mercado Popular. Eduardo a trouvé le filon avec son "casque à bière". "Ça se vend comme des ptits pains. Le problème, c'est les policiers. Aujourd'hui, le Brésil joue donc ils nous laissent un peu respirer, mais les autres jours, ils nous harcèlent et on doit toujours être prêt à remballer et déguerpir en vitesse."

Déguisé en "Fuleco"

Brésilien Mascotte Coupe du monde
© Nicolas Ransom
À Saara, il y a tous types de business. Même les plus farfelus. Eduardo, lui, est déguisé en "Fuleco", la mascotte du Mondial brésilien. Les passants adorent... Ils se font photographier avec lui pour 2 reals (0,60€). Un bon filon pour Eduardo. " Je suis Péruvien. Je viens de Lima. Même si mon pays ne joue pas, je voulais vivre la fièvre de la Coupe du Monde. Alors j'ai trouvé cette idée, et ça marche. Ça va me payer une bonne partie du voyage !"

Un faux pape pour une quasi religion : le foot

faux pape Brésil
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Autre attraction dans les rues : Auberto, le faux Pape. Un peu loufoque. "Je suis le sosie de Benoit XVI, alors avec ma crosse et ma tiare, je vais à la rencontre des fidèles pour les bénir. Gratuitement ! " Une petite prière pour la Seleçaõ ? "Tous les matins, au réveil... Là, je suis allé acheter 3 kilos de camarons pour les faire griller pendant le match ! " Des crevettes ? "Ben oui, en brésilien 'Camerounais' et 'Camaron', c'est le même mot ! Et j'en ai pris 3 kilos car on va gagner 3/0 !"
Presque visionnaire, ce Pape...
Faux pape rio brésil Coupe du monde
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