Esclavage : "On ne réparera jamais" dit François Hollande

Hollande 10 mai
© FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le président de la République a participé à la cérémonie officielle et privée dans le jardin du Luxembourg, à Paris, pour ce 10 mai, "Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions".

David Ponchelet
Publié le , mis à jour le

Crainte d'une manifestation ? Peur d'éventuels sifflets liés à l'impopularité record du chef de l'Etat ? problème de sécurité ? Pour cette cérémonie officielle du 10 mai, le jardin du Luxembourg à Paris avait des allures de camp retranché. Dans les rues adjacentes, de très nombreux CRS et des forces de l'ordre très présentes. "On est plus nombreux que l'an dernier", reconnaissait d'ailleurs un policier avant la cérémonie. C'est donc loin de la foule, dans un jardin du Luxembourg fermé au public et devant un parterre d'invités que François Hollande a présidé cette cérémonie.

Des ministres, des élus et des collégiens

Sous le kiosque du jardin du Luxembourg, plusieurs ministres étaient présents aux côtés de François Hollande et Jean-Pierre Bel, le président du sénat. Christiane Taubira, ministre de la justice et à l'initiative de la loi du 10 mai 2001, George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer qui était quelques heures auparavant à Villers-Cotterêts, mais aussi Najat Vallaud Belkacem, ministre de la jeunesse et des sports. Parmi les invités abrités de la pluie par les marronniers du jardin du Luxembourg, de nombreux élus ou personnalités (Georges Patient, Anne Hidalgo, Didier Robert, Patrick Karam et Claudy Siar notamment). Sur le côté du kiosque du jardin, 150 collégiens venus d'Île de France apportaient une touche -mesurée- de jeunesse et de popularité.


Un discours d'Histoire et...d'actualité

Dés son arrivée, le chef de l'Etat s'est recueilli devant la stèle dédiée aux victimes de l'esclavage.
Dans son discours de quinze minutes, François Hollande a ensuite évoqué l'Histoire de l'esclavage, et notamment la première abolition en 1794, le combat des esclaves de Saint-Domingue, ainsi que tous les anonymes et les grandes figures qui luttèrent contre l'esclavage en particulier Toussaint Louverture et Louis Delgrès.

"La France n'est jamais la France quand elle ferme les yeux sur son Histoire", a notamment expliqué le chef de l'Etat. Il a également évoqué l'actualité en condamnant l'enlèvement au Nigéria de 200 lycéennes par la secte Boko Haram. 

Regardez l'intégralité du discours de François Hollande :

 


"On ne réparera jamais"

Après un bain de foule parmi les quelques centaines d'invités de la cérémonie, le chef de l'Etat s'est exprimé dans une interview accordé à Outer-mer 1ère, France Ô et Public Sénat, qui retransmettaient en direct la cérémonie. Interrogé par Karine Sigaud-Zabulon, François Hollande a expliqué qu'il refusait d'entrer dans le débat sur les réparations de l'esclavage. Il a également pris position sur la polémique de Villers-Cotterets : "Aujourd'hui, toute le monde devrait célébrer le général Dumas, et notamment le maire de la commune". Il a souligné que George Pau-Langevin était, elle, présente à Villers-Cotterets.

Regardez l'interview du président de la République : 

Interrogé sur le caractère très restreint de la cérémonie, le chef de l'Etat a enfin estimé -comme l'an dernier- que la commémoration du 10 mai devrait être à l'avenir une fête populaire.
 

Des concerts jusqu'à 20h30

Peu après le départ du chef de l'Etat, le jardin du Luxembourg a rouvert ses portes au public. Une scène était dressée pour accueillir des concerts jusqu'à 20h30. Mais la pluie et le vent se sont à nouveau invités au dessus du jardin en ce 10 mai bien maussade.