Le maire FN de Villers-Cotterêts ne veut pas commémorer l'abolition de l'esclavage

Le maire FN de Villers-Cotterêts, Franck Briffaut
© FRANCOIS NASCIMBENI / AFP | Le maire FN de Villers-Cotterêts, Franck Briffaut

Le maire FN de Villers-Cotterêts, Franck Briffaut, ne souhaite pas commémorer l'abolition de l'esclavage le 10 mai prochain. Plusieurs habitants se disent "outrés" par cette décision. Parmi eux, des Cotteréziens originaires d'Outre-mer.

Léia Santacroce
Publié le , mis à jour le

"C'est inadmissible, je suis outré !" s'emporte le Guadeloupéen Christophe Antony. Contacté par La1ere.fr, cet habitant de Villers-Cotterêts dans l'Aisne réagit aux propos du maire frontiste de la ville, Franck Briffaut. Le 17 avril, L'Express révélait que l'édile ne souhaitait pas commémorer l'abolition de l'esclavage le 10 mai prochain (voir la vidéo ci-dessous).
 

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"Villers a toujours commémoré l'abolition de l'esclavage" selon le maire sortant 

Villers-Cotterêts, ville picarde de 10.000 habitants, fait partie des onze mairies remportées par le Front national aux dernières élections. Franck Briffaut (FN), conseiller municipal depuis 1995, l'a emporté avec 41,53% des voix. Il succède au socialiste Jean-Claude Pruski. "Ne pas commémorer l'abolition de l'esclavage, c'est un scandale !", affirme ce dernier, joint par La1ere.fr.
 
"Depuis que la date du 10 mai a été retenue, Villers-Cotterêts organise une commémoration tous les ans, témoigne Jean-Claude Pruski. La loi ne nous y oblige pas, mais on marquait le coup ! On partait de la mairie et on déposait une gerbe devant la maison où habitait le général Dumas [né esclave à Saint-Domingue, père de l'écrivain Alexandre Dumas, lequel est né à Villers, ndlr]." L'année dernière, une collégienne d'origine mahoraise avait lu un texte à cette occasion (à écouter ici).
 


Les dégâts de la rumeur du 9-3 

L'arrivée d'un candidat FN à la mairie inquiète Christophe Antony, natif de Trois-Rivières en Guadeloupe. Mais ce conseiller en clientèle de 46 ans n'envisage pas une seconde de déménager. "Vous savez, explique-t-il, on est une quinzaine de familles antillaises à s'être installées ici depuis cinq ou six ans. On habitait dans le 93, et on cherchait un peu de tranquillité, un meilleur cadre de vie, la province quoi !" Même discours pour Virginie Laniba, originaire de Guadeloupe et Cotterézienne depuis cinq ans. "Notre arrivée a posé un problème", résume-t-elle, blessée. "Cette élection du Front national, ça a été un coup de poignard. Si j'avais les moyens, je partirais."

Atterré, Christophe Antony poursuit et raconte que certains Cotteréziens sont persuadés que le maire sortant (PS) a "fait venir des personnes de couleur originaires de la Seine Saint-Denis". Il semblerait donc que la "rumeur du 9-3" ait encore fait des dégâts. Mais l'opposition s'organise. A long terme, le Guadeloupéen n'exclut pas de créer une association pour "instituer une forme de vigilance face à cette mairie FN, éviter que des propos racistes ne se banalisent". A plus court terme, le maire sortant, Jean-Claude Pruski, a prévu d'interpeller le maire frontiste sur ses propos. "On va l'accrocher là-dessus, lui demander des explications sur son refus de commémorer l'abolition de l'esclavage", martèle-t-il. L'ex-édile devrait mettre le sujet sur la table lors du prochain conseil municipal, dès jeudi.

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