Vers une réforme du système de santé polynésien ?

greve hopital

Une mission de l'Inspection des affaires sociales ira en Polynésie à l'automne pour émettre des préconisations. La ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine l'a annoncé mardi 22 juillet à l'Assemblée nationale. 

Camille Belsoeur
Publié le , mis à jour le

La ministre des Affaires sociales et de la Santé Marisol Touraine a annoncé mardi 23 juillet qu'une mission de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) se rendrait à l'automne en Polynésie  pour préconiser une réforme du système de santé local, confronté "à des difficultés d'organisation". Contacté, son cabinet n'a pas été en mesure de nous donner des précisions sur cette mission.

"Il est exact qu'en Polynésie  française le système de santé est confronté à des défis importants et à des difficultés d'organisation et de pilotage", a expliqué la ministre à l'Assemblée nationale en réponse au député polynésien Edouard Fritch (UDI), lors de la séance des questions au gouvernement. "Il manque aussi du personnel d'encadrement et il est nécessaire de faire face à l'augmentation importante des dépenses qui se sont manifestées ces dernières années", a-t-elle poursuivi. 

"J'ai demandé à l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) de mettre en place une mission qui pourra débuter à partir de l'automne pour faire en sorte que les préconisations pour une meilleure organisation du système (...) et une meilleure réponse aux besoins santé de la population puissent se mettre en oeuvre rapidement, en particulier pour ce qui est du centre hospitalier pour la Polynésie  française", a indiqué Marisol Touraine. "Je souhaite qu'à travers cette mission des règles adaptées à la situation particulière de la Polynésie , permettant le retour à l'équilibre, puissent être dégagées", a-t-elle ajouté.

 Collectivité d'outre-mer d'environ 300.000 habitants du Pacifique sud, la Polynésie  française dispose d'un système de santé spécifique avec une Direction générale de la santé et une Caisse sociale de prévoyance autonome. 

 

 

 

 

 


L'intégralité du dialogue entre Marisol Touraine et Edouard Fritch

M. Édouard Fritch : "Ma question s’adresse à Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé (...) Depuis le 6 mai dernier, un nouveau Gouvernement issu des urnes est aux responsabilités à Tahiti. Ce nouveau Gouvernement et sa majorité ont la rude tâche de redresser les finances et la situation économique et sociale de notre collectivité. Des mesures importantes d’économies dans le fonctionnement des pouvoirs publics ont déjà été adoptées, comme la réduction des indemnités des élus et du Gouvernement, la réduction du format du Gouvernement, la suppression des voitures de fonction. Les Polynésiens, dans leur ensemble, ont été appelés à participer par de nouvelles mesures fiscales votées le 13 juillet dernier par notre Assemblée, afin de redonner des marges de manœuvre budgétaires pour relancer notre économie.

C’est dans ce cadre que nous avons élaboré un pacte de croissance, fondé sur la confiance et la responsabilité, pour lequel, au nom de la solidarité nationale, nous sollicitons l’accompagnement de l’État. Cet accompagnement est particulièrement attendu dans le domaine de la solidarité et de la santé. D’un commun accord avec l’État, nous avons souhaité qu’une mission de l’Inspection générale des affaires sociales soit organisée afin d’apporter son expertise sur la gouvernance de notre système de santé et le fonctionnement du régime de solidarité. Pouvez-vous, madame la ministre, nous confirmer votre accord sur une telle mission et nous indiquer dans quels délais elle pourrait être organisée ? (Applaudissements sur les bancs du groupe UDI.)"

Mme Marisol Touraine : "Monsieur le député, vous attirez l’attention du Gouvernement sur la situation du système de santé en Polynésie française. C’est un système très particulier puisqu’il y a dans ce territoire une direction générale de la santé spécifique ainsi d’ailleurs qu’une caisse sociale de prévoyance autonome.

En Polynésie française, le système de santé est effectivement confronté à de grands défis et à des difficultés d’organisation et de pilotage, mais il manque aussi du personnel d’encadrement et il est nécessaire de faire face à la forte augmentation des dépenses au cours des dernières années. C’est la raison pour laquelle le territoire souhaite qu’une mission de l’inspection générale des affaires sociales lui fasse des recommandations pour mettre en place une meilleure organisation.

J’ai le plaisir de vous confirmer que j’ai demandé à l’inspection générale des affaires sociales de mettre en place une telle mission, qui pourra débuter à partir de l’automne, pour que ses préconisations pour une amélioration de l’organisation du système et de l’encadrement et pour une meilleure réponse aux besoins de santé de la population puissent être mises en œuvre rapidement, en particulier pour le centre hospitalier de la Polynésie française mais pas seulement. Je souhaite que des règles adaptées à la situation particulière de la Polynésie française permettant le retour à l’équilibre puissent être ainsi dégagées.

Vous le voyez, monsieur le député, le Gouvernement est très attentif à la situation sanitaire de la Polynésie française, et je suivrai avec attention les recommandations de cette mission d’inspection. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SRC.)"