Le Réunionnais Jean-Hugues Ratenon dépose une pétition au ministère des Outre-mer

Jean-Hugues Ratenon
© MK / Outremer 1ere | Jean-Hugues Ratenon devant le ministère des Outre-mer à Paris

Le président de l'Alliance des Réunionnais contre la pauvreté a déposé ce mardi une pétition signée par 12 000 Réunionnais rassemblant leurs exigences sur la lutte contre la pauvreté. L'occasion de rappeler son combat contre la suppression du RSTA. 

Maïté Koda
Publié le , mis à jour le

Rendez-vous était donné au ministère des Outre-mer. Ou plutôt devant le bâtiment de la rue Oudinot. Jean-Hugues Ratenon s'en désole, il n'a jamais réussi à obtenir de rendez-vous avec le ministre. "Ca fait 10 jours que nous sommes à Paris et que nous essayons", souligne-t-il à Bernard Guillaume, chef du cabinet de Victorin Lurel.
En l'absence du ministre, c'est à ce dernier de recevoir et transmettre les doléances du président du mouvement Rézistans/ ARCP (Alliance des Réunionnais contre la pauvreté).
 
Et si Jean-Hugues Ratenon semble quelque peu esseulé, il ne l'est pas. Il a entre ses mains une pétition rassemblant "les signatures de 12 000 Réunionnais", qui ont paraphé une plateforme d'exigences réunionnaises.
Cette pétition avait été remise à la préfecture au mois de mai. Le 12 juillet, réalisant que le dossier n'avait pas été transféré à Paris comme convenu, Rezistans et l'ARCP se sont chargés de la récupérer afin de la déposer par eux-mêmes.
 

Pour un RSTA rétabli et étendu

La première exigence c'est de lutter contre la pauvreté. "Nous avons le plus fort taux de chômage des jeunes en Europe. 42% des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté", insiste Jean-Hugues Ratenon. Le président de l'ARCP a rappelé la grève de la faim de Samuel Mouen qui a cessé de s'alimenter depuis 9 jours. Le président des Indignés 974, qui proteste contre la fin du RSTA a reçu le soutien de la présidente du Conseil général Nassimah Dindar et du député maire de Saint-Leu Thierry Robert.
 

Le Revenu supplémentaire temporaire d'activité avait été mis en place après la crise sociale qui a traversé les DOM en 2009. Initialement prévu pour une durée de trois ans, il a été prolongé par deux fois, jusqu'au 31 mai 2013, date de sa suppression définitive.
"Selon l'INSEE, qui a effectué l'enquête sur le taux de pauvreté à la Réunion, la suppression du RSTA va enfoncer les Réunionnais dans la pauvreté" a-t-il ajouté. Jean-Hugues Ratenon souhaite par ailleurs voir le dispositif étendu à l'ensemble des salariés réunionnais.  Autre motif de récrimination, les emplois d'avenirs. "Nous en avons 5 000 qui ont été attribués à la Réunion. Où sont-ils? Il faut que tout soit fait pour qu'on utilise ce quota!"
 
Bien en peine de répondre à ces questions, Bernard Guillaume a assuré "comprendre la colère de son interlocuteur"  et ajouté qu'il transmettrait cette pétition " qui matérialise le mécontentement"  auprès du ministre des Outre-mer.