L’épandage aérien suspendu dans les bananeraies

Le juge des référés du tribunal Administratif de Fort-de-France a ordonné mardi la suspension d’un arrêté préfectoral autorisant l’épandage aérien au dessus des bananeraies de Martinique.

La1ere.fr (avec AFP) Publié le , mis à jour le

Comme la Guadeloupe, il y a cinq jours, la justice martiniquaise a décidé de suspendre l’épandage aérien. Le juge fonde avant tout sa décision sur la présence de l’adjuvant Banole dans les produits d’épandage. Dans son ordonnance, le juge des référés du TA de Fort-de-France indique en effet que "l’exécution de l’arrêté pris par le préfet de la région Martinique, le 10 août 2012, est suspendue en ce que cet arrêté a autorisé l’épandage aérien de produits contenant l’adjuvant Banole". C’est l’Association Médicale pour la Sauvegarde de l’Environnement et de la Santé-Martinique (AMSES) qui avait introduit une requête en annulation de l’arrêté préfectoral. Cet arrêté accordait à l’Union de producteurs de banane de la Martinique le recours à l’épandage aérien sur le territoire de 20 communes de l’île, pour une durée de six mois, pour lutter contre les cercosporioses jaune et noire dans les cultures de banane. La cercosporiose noire notamment est un champignon parasite qui s’attaque aux feuilles de bananiers et met gravement en péril la production bananière des Antilles depuis plusieurs mois. Elle est apparue en Martinique en septembre
2010 et en janvier 2012 en Guadeloupe.

Un épandage sans Banole ?

L’AMSES s’est félicitée dès mardi soir de l’ordonnance du juge des référés qui fait de la "santé" des martiniquais et du "principe de précaution un argument prioritaire". De leurs côtés, les producteurs de banane ont pris acte de la décision du tribunal administratif. Ils estiment que ce n’est pas le principe de l’épandage aérien qui est remis en cause mais plutôt l’utilisation d’un produit (l’adjuvant Banole). Ils envisagent de poursuivre l’épandage mais sans utiliser l’adjuvant incriminé. Le dossier de l’épandage aérien est, depuis quelques mois, l’objet d’un âpre débat entre les associations de défense de l’environnement et les producteurs de banane de Martinique.