Dans une note en date du 4 octobre 2017, la direction de la veille et de la sécurité sanitaire de l'Agence Régionale de Santé Océan Indien révèle qu'un cas suspect de peste a été pris en charge à La Réunion. Une personne revenant de Madagascar s'est présentée mercredi 4 octobre au CHU de Saint-Pierre (sud de La Réunion). Il présentait des symptômes évocateurs de la peste (forte fièvre, détresse respiratoire). Transféré à l'isolement au CHU de Saint-Denis, des tests ont été pratiqués, qui ont permis d'infirmer un possible cas de peste. Cette fausse alerte a, selon l'ARS, permis de "tester avec succès l'ensemble du dispositif de prise en charge".

Quel dispositif ?

Selon l'Agence Régionale de Santé, "Le risque de voir débarquer un cas de peste à la Réunion ou à Mayotte est actuellement extrêmement faible. En effet, le délai d’incubation de la maladie est très court (de quelques heures jusqu’à moins de 3 jours) et surtout le tableau clinique est d’apparition très brutale (forte fièvre, détresse respiratoire, dégradation rapide de l’état général expectorations profuses rosées ou non, etc.), si bien qu’une personne malade ne devrait pas avoir le temps ou la capacité de prendre un moyen de transport aérien ou maritime, et encore moins de se présenter à un comptoir aux douanes ou à la préfecture."

Malgré ce risque qualifié de faible, des procédures sont actuellement mises en place à La Réunion et Mayotte. 

"En cas de détection d’un cas suspect de peste, et conformément aux procédures nationales applicables en pareil cas, le patient serait immédiatement isolé et pris en charge directement par le SAMU là où il se trouve pour être transféré en isolement selon le cas au CHU de la Réunion site Nord, Etablissement de Santé de Référence, ou au CH de Mayotte.

L’ensemble des personnes qui auraient été en contact avec ce malade seraient tout de suite identifiées et mises sous traitement antibiotique prophylactique, traitement qui s’avère être une mesure parfaitement efficace pour éviter la maladie. L’antibiothérapie est très classique et fait appel à des spécialités très utilisées dans la pratique médicale courante, et disponible très aisément à la Réunion et à Mayotte. Il est à noter que le patient n’est pas contagieux avant l’apparition des signes cliniques.

L’analyse biologique est opérationnelle au laboratoire de sécurité P3 du CHU de la Réunion site Nord et peut y être réalisée dans un délai de 3 heures suivant la réception du prélèvement. Pour Mayotte, faute de disposer de la technique analytique sur place, une organisation est en cours pour la livraison de Tests de Détection Rapide qui peuvent au moins donner une première orientation diagnostic dans l’attente du retour des résultats des prélèvements envoyés à la Réunion ou en métropole pour analyse."

- Agence Régionale de Santé Océan Indien

 

Le communiqué de l'ARS


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Quelle situation à Madagascar ?

Le bilan de l'épidémie de peste qui affecte depuis plus d'un mois l'île de Madagascar, dont la capitale Antananarivo, continue de s'aggraver et s'élevait mercredi à 30 morts, selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Santé. "Nous avons enregistré 194 cas suspects de peste, dont 30 décès dans tout Madagascar depuis le mois d'août", a déclaré à l'AFP un responsable du ministère, le Dr Manitra Rakotoarivony. Quelle soit bubonique ou pulmonaire, la peste est récurrente sur la Grande Ile, où quelques centaines de cas annuels sont recensés, généralement à partir du mois de septembre.
 
Cette année, l'épidémie a débuté dès août et s'est propagée "aux grandes zones urbaines, contrairement aux précédentes épidémies", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle a déjà causé la mort de neuf personnes dans la capitale et ses environs, provoquant un mouvement de panique dans la population qui s'est ruée sur les pharmacies pour acheter des masques de protection et des antibiotiques.

La bactérie de la peste, qui se développe chez les rats, est véhiculée par les puces. Chez l'homme, sa forme bubonique se soigne, si prise à temps, avec des antibiotiques. Mais sa forme pneumonique - transmissible par la toux - peut être fatale en seulement vingt-quatre à soixante-douze heures.
 
 

Mesures d'urgence

Le gouvernement malgache a adopté des mesures d'urgence pour tenter d'enrayer la progression de l'épidémie. Il a notamment interdit jusqu'à nouvel ordre les rassemblements publics dans les rues d'Antananarivo et mis en place des contrôles à l'aéroport de la capitale.