Le nickel calédonien secoué par une nouvelle volte-face de ses concurrents régionaux

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© Alain Jeannin | Mineurs calédoniens sur le massif du Koniambo.

Les Philippines et l’Indonésie s’orienteraient désormais vers une reprise ou un maintien de leurs exportations de nickel. Les deux annonces surprises ont été faites en quelques heures. Elles ont pris le marché londonien des métaux (LME) à contre-pied. 

Alain Jeannin
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Philippines et Indonésie attisent la spéculation. L’offre mondiale en nickel pourrait s’en ressentir et ne pas diminuer alors même que les stocks dans les entrepôts sont importants. Dommage, le cours du nickel avait tout juste franchi le seuil des 11.000 dollars, porté par des informations qui indiquaient un possible embargo des Philippines et qui relativisait la reprise des exportations indonésiennes. Soudain, ce sentiment positif a disparu. En quelques heures, la tendance s’est inversée. Pour les trois usines calédoniennes engagées dans une bataille pour la compétitivité et la baisse des coûts de production, l’évolution en « yo-yo » des cours du nickel ne peut qu’encourager à poursuivre les efforts déjà accomplis.

Spéculation

Aux Philippines, le président Duterte a indiqué mardi qu’il réévaluait l’audit minier, autrement dit qu’il reconsidérait les fermetures annoncées des sites de production de nickel : « Nous recherchons un compromis avec les entreprises afin de réduire les fermetures de mines ». Les Philippines avaient indiqué qu’elles allaient fermer près de la moitié des exploitations de nickel. Cette prise de position a entrainé une vente importante des contrats de nickel au LME de Londres. Et les cours du métal se sont inversés, perdant près de 400 dollars mercredi matin.

Quelques heures plus tard, l’Indonésie annonçait que ses mines de nickel étaient autorisées à exporter une quantité de minerai égale à celle fournie aux fonderies métallurgiques du pays. Nouveau choc pour les cours mondiaux qui repartaient à la baisse.

 

Shanghai

Dernier impact qui relançait une spéculation déjà baissière, la bourse des métaux de Shanghai (SHFE) affichait une augmentation de 21.000 tonnes des stocks de nickel dans ses entrepôts asiatiques.
Une offre redevenue potentiellement abondante, des stocks élevés, une demande qui ne suit pas, le choc sur le nickel a été brutal.

Londres

Les Philippines, l’Indonésie et Shanghai ont provoqué la vente de contrats papiers sur le nickel à la bourse des métaux de Londres. Les négociants londoniens ont cédé leurs positions afin de préserver leur marge bénéficiaire. Le nickel qui valait 11.050 dollars en début de semaine est retombé jeudi autour de 10.100 dollars, en baisse de près de 9 %.
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© LME | Cours du nickel à la bourse des métaux de Londres.

 

Stabilisation

Seule bonne nouvelle, si l'on peut dire, le cours du métal ralentissait sa baisse jeudi à Londres. Les analystes ont pris en compte les gros titres de la presse des Philippines indiquant que « le Parlement de Manille dénonçait les ingérences extérieures spéculant sur l’arrêt ou pas des exportations de nickel » souligne Marex Spectron, l’un des deux grands négociants de Londres. Tout n'est donc pas encore décidé...
Plus que jamais, le prix du nickel reste dominé par le « sentiment » du marché vis à vis de l’offre et de la demande. Une demande qui constitue, cette semaine, le chaînon manquant à même d'apaiser la spéculation.