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Le nickel calédonien peut reprendre son cours. Les investisseurs calment le jeu

Publié le , mis à jour le
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© Alain Jeannin | Trader des métaux industriels (Commodities) au London Metal Exchange pendant la séance du Nickel
Alain Jeannin

La crainte des exportations philippines et indonésiennes a fait perdre près de 10 % de sa valeur au nickel. Les cours ont brutalement chuté vendredi soir. Lundi, le cours du métal a repris des couleurs. Il a franchi à la hausse, le seuil des 10.000 dollars (10.185) + 2,70 %.

Oubliés, les mots définitifs pour un marché où tout bouge en permanence. Le « vendredi sanglant du nickel » (bloody Friday, en anglais) et la « capitulation du nickel » évoqués par les notes d’analyse en fin de semaine dernière, ont disparu des commentaires de la City. Les investisseurs londoniens, mais aussi les analystes et les producteurs miniers tentent de calmer le jeu. Les exportations de nickel des Philippines et de l’Indonésie, quels que soient leurs volumes, ont été digérées et intégrées par le marché londonien. Elles font désormais partie des incertitudes, après avoir entrainé une baisse significative du nickel au LME. Si les positions, longues et positives, prises sur le métal ont cédé du terrain, il n’y a pas eu de vent de panique ni de remise en cause des actifs et contrats en cours. Et c’est plutôt bon signe.

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© London Metal Exchange | La baisse des cours du nickel le vendredi 10 mars en soirée au LME de Londres.


Le nickel résiste

Lundi, des indicateurs positifs sont venus rassurer le marché londonien des métaux. Les investisseurs se sont souvenus que le nouveau président américain envisageait toujours de consacrer 1000 milliards de dollars à la rénovation des infrastructures du pays. La demande d’acier, et pour partie de manganèse et de nickel, va se trouver doper. Et les trois sociétés minières et métallurgiques présentes en Nouvelle-Calédonie sont bien placées pour répondre à la demande. "Les directions des filiales nickel de Glencore et Vale se trouvent à Toronto au Canada, et le français Eramet possède une usine de manganèse pour l’acier dans l’Ohio, au sud-ouest de Pittsburgh » rappelle Citigroup.

Pour Société Générale, la Chine « première utilisatrice mondiale de matières premières et notamment de ferronickel calédonien pour l’inox, devrait poursuivre ses investissements et sa croissance » en raison des objectifs fixés par le président Xi Jiping qui entamera un deuxième mandat à l’automne. Et la Chine est le premier consommateur de nickel et de fer : «  Commencer la semaine avec un nickel en hausse de 2,70 % et un fer qui progresse de 3,5 % par rapport à vendredi est encourageant » souligne le Metal Bulletin.

Enfin, la tendance est principalement baissière pour le dollar. Ce repli de la monnaie américaine, devise dans laquelle les métaux industriels sont échangés à la bourse des métaux de Londres, favorise les achats et la demande de nickel ou de cuivre.

Optimisme mesuré

À Londres, le prix du nickel était, ce lundi, dans l’interprétation plutôt positive de ces données. Si les analystes de la banque américaine Citi ou ceux de la Société Générale restent malgré tout prudents, c’est parce que les investisseurs financiers et les négociants industriels attendent de solides preuves de demande et de baisse des stocks mondiaux. Oubliées, les Philippines et l’Indonésie et le risque qu’elles représentent ? Non, mais le risque est intégré par le marché londonien qui s’est provisoirement rallié à « une vague d’achats spéculatifs ».

Une forme de reprise encore fragile, car les « vendeurs opportunistes sont toujours vigilants » conclut la dernière note du négociant Marex Spectron qui sert d’intermédiaire actif à l’industrie du nickel à la bourse des métaux de Londres. Et le cours du nickel ? Il devrait offrir une « résistance décente » autour de 10.140-250 dollars. Ce n'est pas le Pérou mais ce n'est pas non plus la Bérézina...