Après la séparation de Mayotte des autres îles de l'archipel des Comores, la libre circulation des hommes et des biens  était quand même maintenue. Une situation exceptionnelle témoin de la fébrilité des autorités françaises.
En 1994, le premier ministre, Edouard Balladur, met fin à une situation inédite ; c’est-à-dire l’entrée sans visa des comoriens à Mayotte, un territoire français.
Bien avant cette date, pratiquement au lendemain de l'accession à l'indépendance, des centaines de comoriens prenaient déjà la mer sur des embarcations de fortune pour rejoindre l’île française. Il s'agissait pour une grande partie, des personnes qui fuyaient un régime politique autoritaire. Pendant longtemps ces réfugiés étaient envoyés en France métropolitaine.
Et, depuis l’instauration du visa le phénomène s'est amplifié. Des milliers de comoriens, de personnes originaires des pays de la région, d’Afrique et d’Orient tentent de rentrer à Mayotte frauduleusement.
Les autorités gouvernementales comoriennes n’ont jamais admis l’instauration de ce visa qui est le symbole de la non-appartenance de l’île au lagon à la République fédérale islamique des Comores, devenue plus tard l’Union des Comores. Des milliers de ses ressortissants perdent leurs vies dans le bras de mer qui sépare Mayotte à Anjouan.
La mise en place du visa dit, visa Balladur, du nom du premier français de l'époque, 20 ans après l’indépendance comorienne, avait marqué, pour les combattants de Mayotte française, la rupture entre les îles Comores indépendantes, et Mayotte, la française. Sa suppression annoncée, est interprétée comme le début d’un retour à une situation ambiguë et incertaine.
Car, il est bien question de souveraineté comorienne sur Mayotte et non pas une démarche humanitaire. Le ministère des Outre-mer a déjà fixé le cadre de la coopération régionale dans un document qui date du 28 novembre 2016 et écrit :
« La maîtrise de la circulation des personnes »
« La coopération régionale doit permettre aussi d’améliorer la maîtrise de la circulation des personnes dans la région en facilitant l’accès des collectivités d’outre-mer aux pays étrangers et vice-versa. Le gouvernement a souhaité assouplir le régime des visas outre-mer pour favoriser le tourisme en réduisant les formalités d’entrée dans les collectivités d’outre-mer pour les ressortissants des pays ne présentant pas de risque migratoire, promouvoir les voyages d’affaires afin de mieux mettre en valeur les potentiels économiques, scientifiques de nos outre-mer et enfin de manière plus large, mieux intégrer les outre-mer dans leur environnement régional et favoriser les échanges culturels en accordant une plus grande liberté de circulation entre territoires proches. »
Ce n’est pas l'argument mis en avant par Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement devant l’assemblée nationale en réponse au débuté de Mayotte mardi 26 septembre.
« Nos deux pays partagent le souhait de bâtir une coopération efficace basée sur des échanges réguliers, des actions communes et des engagements réciproques ».
Il n’y a aucune ambiguïté sur ce qui est entrain de se passer entre le gouvernement français et le gouvernement comorien. La réunion de demain entre la délégation des grands élus du département et le gouvernement ne devrait emmener rien de nouveau. Ceci d’autant plus que les responsables mahorais n’ont pas tous la même approche de la problématique.
De fait, n'est-il pas naïf de croire que le Haut-Conseil Paritaire, chargé de préciser les principaux axes de coopération, de définir un calendrier et de proposer les actions concrètes participant à un développement harmonisé, au rapprochement et à la prospérité des quatre îles, se soit réuni sans qu’un seul responsable mahorais ou un élu n’ait été mis au courant ?