Société : aînés honorés, jeunes délaissés

Population
© Martinique 1ère | Population dans la ville de Fort de France

La Semaine nationale des retraités et des personnes âgées bat son plein. Cette année encore, c’est l’occasion de nous pencher sur la vie de nos seniors. Et pourquoi ne pas s’intéresser aux jeunes aussi ?

Jean-Marc Party
Publié le , mis à jour le

Comme chaque année, la Semaine bleue en l’honneur des personnes âgées propose de jeter un regard attentif sur la condition de nos aînés. Elle est l’occasion de parler, cette année encore, des particularités des personnes âgées de 60 ans et plus. Il n’est pas inutile de rappeler leur santé fragile, le grand âge étant propice à des maladies spécifiques.
 
Il n’est pas inopportun non plus d’évoquer le potentiel économique de nos aînés, du moins, de ceux qui ont la chance de bénéficier d’une pension de retraite convenable. En revanche, il sera pas ou peu question du potentiel culturel des personnes âgées. Pourtant, nos parents ou grands-parents peuvent nous léguer le savoir-être martiniquais, cet ensemble de faits et gestes comme savoir parler correctement le créole, savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire, savoir prendre son temps avant toute décision importante, savoir prévoir le temps qu’il fera en observant les nuages. Une manière de vivre, en somme.
 
La Semaine bleue est aussi l’occasion de rappeler le poids démographique des personnes âgées. Du fait de l’émigration et de la dénatalité, le vieillissement de la population s’est considérablement accentué depuis vingt ans. Ainsi, nous comptions 68 % de personnes de moins de 40 ans en 1990. Une proportion atteignant 45 % aujourd’hui. Autre chiffre : le nombre de personnes de plus de 60 ans est passé de 12% à 22% sur la même période. Une réalité connue depuis longtemps.
 
Mais précisément, sachant que la vie de nos aînés est largement décryptée, et sachant qu’un vieux est un ancien jeune, pourquoi ne pas imaginer une semaine de la même importance consacrée à la jeunesse ? Certains en parlent à tout bout de champ, c’est vrai. Mais sommes-nous vraiment conscient de ses tourments et angoisses, de ses rêves et de son dynamisme ? N’avons-nous pas tendance à lui tourner le dos, à l’ignorer ? Question posée.

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