Irma : la vie reprend à Saint-Martin et Saint-Barthélémy, la polémique enfle à Paris [SYNTHESE]

Après Irma, la vie reprend à St-Martin et St-Barth et la polémique enfle à Paris.
© Martin BUREAU / AFP - Bertrand GUAY / AFP - BERTRAND LANGLOIS / AFP - CITIZENSIDE / Serge TENANI / Citizenside | Après Irma, la vie reprend à St-Martin et St-Barthélémy, la polémique enfle à Paris.

Cinq jours après le passage de l’ouragan Irma qui a frappé Saint-Martin et Saint-Barthélémy, la gestion de l'Etat est critiquée. Alors qu'Emmanuel Macron doit se rendre sur place mardi, un semblant de vie reprend dans ces deux îles. Synthèse.

Laura Philippon
Publié le , mis à jour le

#Sur place

Après plusieurs jours de chaos, un semblant de vie reprend à Saint-Martin. Des routes sont déblayées, l'heure est à la reconstruction et les habitants s'organisent pour survivre. Mais entre fatigue et désespoir, la colère monte aussi face aux pillages.

secours Irma
© Martin BUREAU / AFP

Cinq jours après le passage de l'ouragan monstre Irma, le désordre est toujours présent sur l'île et certains cherchent à fuir absolument. A l'aéroport de Grand-Case, au nord de la partie française de Saint-Martin, les rotations d'hélicoptères et d'avions avec la Guadeloupe ont repris.  "Les écoles sont détruites, qu'est-ce qu'on va faire ? ", s'interroge un jeune homme. "Pour moi, Saint-Martin c'est fini, là c'est invivable", confie sur Guadeloupe 1ère une Saint-Martinoise qui veut désormais quitter l'île. (Regardez le reportage de Guadeoupe 1ère ici).

 
Quelques 85 tonnes de nourriture, un million de litres d'eau et 2.200 kg de médicaments ont été transportés, selon la préfecture de région. Entre 150 et 200 personnes sont évacuées chaque jour vers la Guadeloupe avec la priorité donnée pour les femmes enceintes, les enfants et les personnes malades. Outre les liaisons aériennes, la préfecture de Guadeloupe a annoncé dimanche soir la reprise des liaisons maritimes entre la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin.

Départ de l'aéroport de Grand-Case de St-Martin
© Martin BUREAU / AFP | Des habitants de Saint-Martin quitte l'île à l'aéroport de Grand-Case.
 
De son côté, le gouvernement poursuit l'envoi de renfort avec l'objectif de sécuriser le territoire. Dans un paysage de ruines, les secours, militaires et forces de l'ordre dépêchés sur l'île sont désormais 1.500 et passeront bientôt à 2.000.

 
Alors que l'accès à l'eau potable est toujours impossible, la centrale électrique de la partie française de l'île est à nouveau opérationnelle. Certains quartiers commencent à être réalimentés en électricité.
 

#Visite d'Emmanuel Macron

Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron doit quitter Paris ce lundi soir vers minuit direction Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Il est attendu mardi matin à Saint-Martin, et devrait également se rendre à Saint-Barthélémy, mais il y a pour le moment peu d'informations sur le détail de ce déplacement (notre article à loire par ici).
 
"Je serai mardi à Saint-Martin et Saint-Barthélemy aux côtés de nos compatriotes sinistrés et des services mobilisés", a annoncé Emmanuel Macron dans un tweet dimanche soir. Il sera accompagné des ministres de l'Education Jean-Michel Blanquer, et de la Santé Agnès Buzyn. L'Airbus présidentiel acheminera aussi du matériel et des produits de première nécessité.
 

#La polémique enfle

Avant l'arrivée d'Emmanuel Macron, le gouvernement est attaqué de toutes parts. Les premières critiques ont surgi samedi lorsque la présidente du FN, Marine Le Pen, a dénoncé non seulement le manque "d’anticipation" du gouvernement mais aussi des moyens  "insuffisants".
 
A droite comme à gauche, les attaques ont continué ce week-end contre le dispositif mis en place par les autorités. Jean-Luc Mélenchon réclame "une commission d'enquête parlementaire pour savoir si l'on a prépositionné des forces militaires et civiles en nombre suffisant", dimanche sur France 3. Le député LR Éric Ciotti a fait la même proposition sur RTL en pointant du doigt les "défaillances" de l’Etat.


#Le gouvernement se défend

Avant le départ d'Emmanuel Macron pour les Antilles, de nombreux ministres ont lancé lundi matin à Paris une contre-offensive médiatique pour répondre aux critiques de l'opposition entendues ce week-end. Le Premier ministre, Edouard Philippe, dénonce "une polémique politicienne" :

 "Au-delà des polémiques auxquelles un certain nombre de gens sont abonnés - j'ai parfois le sentiment qu'alléchés par la souffrance, ils bondissent sur l'opportunité d'une polémique politicienne -, ce qui va se jouer, c'est l'expression d'une très grande solidarité à destination de nos concitoyens, qui pour beaucoup d'entre eux ont tout perdu."

- Edouard Philippe, Premier ministre
 


"Nous acceptons volontiers une commission parlementaire", a répondu ce lundi matin le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb qui affirme que "l'ordre public a été rétabli" en évoquant une "dizaine d'arrestations". Il affirme que le gouvernement a pris "Dès le départ les bonnes décisions". 

Déclaration

De son côté, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn a annoncé que l'hôpital de Saint-Martin, qui avait été détruit à 70%, était de nouveau opérationnel et a écarté tout risque d'épidémie ou de manque de médicaments vitaux.
 
"Jamais je ne laisserai dire que les services de l'Etat, que les services de la collectivité territoriale n'auraient pas été à la hauteur. (...) Chacun ici a fait tout ce qu'il avait à faire", a martelé Annick Girardin, samedi, lors d'une conférence de presse à Saint-Martin. "C'est la première fois qu'un cyclone est aussi important et frappe un de nos territoires français", s'est-elle justifiée.

 
Le chef de file des députés PS, Olivier Faure a proposé la nomination d'"un préfet à la reconstruction", qui "puisse aider face aux assurances, face aux tracasseries administratives". "On ne peut pas faire à l'Etat le reproche de n'avoir pas travaillé, de n'être pas présent, mais manifestement on (...) on n'a pas fait comme les Hollandais, qui eux, ont une culture de la prévention", a jugé l'ex-ministre des Outre-mer, Victorin Lurel.
 

#Reconstruction

Une réunion interministérielle doit avoir lieu lundi en début d'après-midi à Paris autour du Premier ministre pour définir "un plan sur les questions de santé, de logement, de reconstruction".
 
Un premier coût des dommages a été évalué samedi à 1,2 milliard d'euros par la Caisse centrale de réassurance. Irma a fait au moins dix morts et sept disparus dans les îles françaises, quatre dans la partie néerlandaise, selon le dernier bilan. Cela porte à 27 le total des personnes ayant trouvé la mort dans les Caraïbes.