Haïti : les ouvriers de la sous-traitance exigent un meilleur salaire

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© Pierre Michel JEAN/AFP | Manifestation des ouvriers des usines de sous-traitance à Port-au-Prince, le 10 juillet 2017.

Plusieurs centaines d'ouvriers des usines de sous-traitance ont manifesté lundi dans les rues de Port-au-Prince pour exprimer leur colère face à la trop faible revalorisation du salaire minimum qui leur est proposée, sur fond d'aggravation de la précarité en Haïti.

La1ere.fr (avec AFP) Publié le , mis à jour le

Payés 300 gourdes (4,75 dollars), les employés des usines exigent depuis mai un revenu de 800 gourdes (12,75 dollars) pour une journée de huit heures de travail. Dans son rapport publié vendredi, le conseil supérieur des salaires, installé en juin par le gouvernement pour trouver une issue à la crise, a estimé que le salaire minimum journalier pouvait être augmenté de 35 gourdes, soit 55 cents.
 

"Vous connaissez nos douleurs"

"Trente-cinq gourdes, ça n'enverra pas nos enfants à l'école, ça ne paiera pas nos loyers. Imaginez, le transport pour aller de chez moi à l'usine coûte déjà plus de 35 gourdes", tempête Patricia Joseph en tête du cortège majoritairement composé de femmes. "Je lance un message à Martine Moïse : vous êtes une femme, vous connaissez nos douleurs et vous savez que, si on est aujourd'hui dans les rues à manifester, ça n'est pas 35 gourdes qui feront la différence", enrage la manifestante à l'endroit de la Première dame.
           
Ce mouvement ouvrier a débuté en mai suite à la hausse drastique des prix des carburants qui a encore accentué l'inflation, déjà supérieure à 10% depuis le deuxième semestre de 2015. Pour remettre les finances publiques à flot, le gouvernement a décidé d'augmenter le prix du kérosène de 17%, celui de l'essence de 18,5% et celui du diesel de 20%, malgré l'impopularité de la mesure auprès de la majorité pauvre des habitants.
           

Exploitation

S'ils pestent contre ce qu'ils considèrent être de l'exploitation de la part de leurs patrons, les ouvriers des usines de sous-traitance en veulent davantage au président Jovenel Moïse, à qui ils reprochent de ne pas défendre leurs intérêts.
 
"Jovenel penche plus en faveur des patrons parce qu'ils ont financé sa campagne. C'est ce qui fait qu'il n'a pas le prestige d'un président capable de commander un pays : il est manipulé par les patrons qui lui donnent des ordres", accuse Réginald
Orel Lafontant. "Il veut satisfaire les intérêts des bourgeois mais la voix du peuple, c'est la voix de Dieu et on est plus nombreux que ces messieurs", menace-t-il, tout en affirmant que les manifestations ne cesseront qu'avec le respect de leur revendication d'un salaire à 800 gourdes par jour.