Kourou : « il voulait le tuer »

Le groupe scolaire Emile Nezes
© Guyane 1ère | Le groupe scolaire Emile Nezes

Au groupe scolaire Emile Nezes de Kourou, un jeune garçon de 10 ans a porté un coup de ciseaux à un de ses camarades à la suite d'un différend. La victime hors de danger ne veut plus retourner à l'école.  Les faits se sont produits le 11 septembre dernier.

Nicolas Pietrus Publié le , mis à jour le

Tout a commencé par une simple dispute entre camarades de classe qui a mal tourné. Vendredi dernier, deux jeunes de l’école primaire Emile Nézes (quartier Simarouba à Kourou) tous deux âgés de 10 ans, se chamaillent à cause d’une bousculade. Des coups de poings sont échangés mais tout semble rentrer dans l’ordre après l’intervention de plusieurs témoins (enseignants, ATSEM).
Mais, le lundi suivant, alors que tout le monde pense que l’affaire est définitivement terminée, les deux garçons se retrouvent « alignés dans les rangs afin de rentrer à la maison » nous dit un témoin de la scène. Et c’est là que l'un d'eux sort une paire de ciseaux de sa poche et le plante dans le flanc de son camarade. Ce dernier, surpris est à terre : « il n’a pas eu le temps de réagir. Il a beaucoup crié » a expliqué un autre élève ayant assisté à l’altercation.
Choqué, la petite victime est transportée au service des urgences du CMCK, l'hôpital de Kourou.
Très rapidement, le service médical se prononce : « le pronostic vital n’est pas engagé ». Pendant ce temps, l’auteur du coup de ciseau est retenu dans le bureau de la directrice pour expliquer son geste : « il m’a donné un coup de poing et je l’ai piqué ».

Elève qui fait peur et qui n’a pas peur

Mais selon les premiers éléments de l’enquête confiée à la gendarmerie de Kourou, l'auteur présumé du geste qui aurait pu être mortel est déjà, malgré son jeune âge, connu des services judiciaires. Il n’en est pas à son coup d’essai, car, il aurait auparavant blessé un autre camarade pour des faits similaires.
Il est décrit au sein de l’établissement comme un jeune « qui fait peur et qui n’a peur de personne ».
Mais « ce qui est inquiétant » selon un parent d’élèves, c’est que cet enfant est suivi par la PJJ - Protection Judiciaire de la Jeunesse depuis le CP. Il a l’habitude de terroriser ses camarades et cela dure depuis plusieurs années a précisé ce même parent d’élèves qui préfère garder l’anonymat afin de protéger sa propre petite fille qui « a peur elle aussi de cet enfant ».
Depuis ce drame, les langues se délient. La paire de ciseau appartenait à un autre élève qui était au courant de l’affaire. Il aurait même confié à d’autres camarades : « il voulait le tuer ».
Alors, comment expliquer que cet enfant qui a commis un acte intentionnel soit encore dans la même classe trois jours plus tard, alors que sa victime est en arrêt maladie (ITT de 15 jours) ? Autre question qui vient cette fois dans l’entourage de la victime, pourquoi l’Education Nationale n’a-t-elle pas déclenchée « une cellule de crise avec la présence d’un psychologue pour aider les autres camarades de classe à surmonter ces moments difficiles » ?
Cet acte permet en tout cas de revenir sur une problématique, le système éducatif ne prévoit pas de sanction disciplinaire exemplaire pour les enfants du primaire. « On ne peut pas renvoyer un enfant de 10 ans de l’école et il n’y a aucune structure spécialisée pour l’accueillir ».
Reste qu’un garçon de 10 ans est cloîtré chez lui et ne veut plus retourner dans cette école tant que son agresseur sera dans cet établissement.
Sauf que compte tenu des antécédents de l’auteur du coup de ciseau, les candidats à son accueil dans une autre école de Kourou ne se bousculent pas au portillon. La solution préconisée par une enseignante : « que la victime change d’école ».

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