Les opérations commencent à 7 heures 20. Pas de destruction, dans l’immédiat, mais le déménagement d’une grande villa. Une maison construite illégalement, mais une maison en dur, dans laquelle vivaient quatre familles. Il s’agit d’une habitation dite en « R+1 », c'est-à-dire une maison à un étage. Les habitants n’avaient pas quitté les lieux à l’arrivée des autorités. Jusqu’à dix heures, les camions de déménagement se succèdent, avant que les pelleteuses n’entrent en action, à 11 heures. Pendant le déblaiement de la maison, une construction en contrebas est également écrasée. "Tout s'est déroulé dans les règles" expliquer Olivier Ginez, le directeur de cabinet du préfet. 

Ce contenu n'est pas compatible AMP.

Cliquez ici pour accéder au site mobile.

Ce contenu n'est pas compatible AMP.

Cliquez ici pour accéder au site mobile.



Mais pour certains, il est toujours difficile de croire le rapport du BRGM. Antonin, le frère d'une des occupantes, expliquait ce matin à notre micro "Je ne vois pas d'où ça sort. Ça fait 20 ans que cette maison est construite, et on n'a jamais rien vu". Et il ajoute "Ce n'est pas une question de droit, c'est une question de jalousie".
Les destructions se poursuivent exactement dans la continuité géographique de celles détruites en février dernier.


"Le droit sera appliqué" annonce le préfet


Selon la Préfecture, une soixantaine de familles, sur toutes celles vivant sur la zone de démolition prévue, sont en règle et répondent aux conditions d’accès au logement social. Ces personnes pourront être relogées provisoirement, pour une durée maximale de six mois. Concernant les habitants remplissant les conditions de séjour en France, ils se verront proposer une solution transitoire adaptée à leur situation financière et familiale.
En revanche, des injonctions de quitter le territoire seront notifiées. La préfecture l'a annoncé dès hier, par communiqué : "le droit sera appliqué avec fermeté en mettant en oeuvre les procédures d'éloignement pour les personnes vivant de manière illégale sur le sol français". L'information a été confirmée par le préfet Patrick Faure, qui était sur place aux environs de 8 heures. C’est un changement par rapport aux prises de position de l’ancien préfet. Martin Jaeger avait exclu cette possibilité de reconduite, expliquant à l’époque que, comme les opérations sur le Mont Baduel avaient pour objectif la mise en sécurité des personnes, il n’était pas question de les expulser hors de Guyane. Visiblement, la nouvelle équipe ne partage pas ce point de vue. "On ne fait qu'appliquer le droit, le droit classique, qui s'applique sur tout le sol Guyanais", ajoute Olivier Ginies. "Des vérifications administratives sont en cours, et les mesures qui s'imposent seront prises dans la foulée".


Une évacuation nécessaire, au vu du rapport du BRGM


En juillet 2016, la Préfecture avait signé un arrêté de péril imminent, suite à un rapport du BRGM, le Bureau de recherche géologique et minière, qui indiquait que la structure même de la colline pouvait s’affaisser à tout moment, provoquant un effondrement de terrain massif. Une première opération s’est tenue en octobre 2016. En février dernier, la deuxième phase avait concerné une centaine d’habitations. Et donc c’est la troisième phase qui a démarré ce matin. 148 habitations sont concernées.