Le rapport dévoilé est celui de Damien Ressiot, daté du 29 avril 2016, et adressé au Procureur de la République. Damien Ressiot, Directeur du Département des contrôles est une référence de l'anti-dopage mondial. Ancien journaliste à l'Equipe, c'est lui qui a révélé, dès 2005, le dopage de Lance Armstrong. Le journaliste collabore étroitement avec l'Office de lutte contre le dopage. 

Des taux "hautement" anormaux

Dans ce rapport de l'A.F.L.D. (Agence Française de Lutte contre le Dopage), il est fait état de "7 échantillons sanguins et urinaires prélevés(pour 99 partants), ont abouti à des résultats anormaux, dont 5 à des substances non spécifiées, soit un taux de positivité record (16,6%) par rapport à la moyenne nationale (comprise entre 1 et 2%)", suite au contrôle anti-dopage massif effectué à Deshaies, le 26 mars, à l'occasion de la dernière étape du Grand Prix de la CANBT.
Par ailleurs, le "premier cas positif sur le territoire français à l'hormone de croissance" a été détecté.

Des informations accueillies par Philibert Moueza avec beaucoup d'étonnement. Pour le Président du comité régional de cyclisme de la Guadeloupe, ce problème est l'affaire de tous. Il est interrogé par Peggy Robert et Daniel Marius.

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7 cyclistes impliqués

Le rapport révèle 7 noms de coureurs et les substances consommées :

- Fendley BOYEAU, né le 11/12/1992                                              Heptaminol (Stimulant)
- Jonathan CAMARGO MENDOZA, né le 31/07/1988                      EPO (CERA)
- Johan DARTRON, né le 21/11/1986                                              EPO (CERA), Hormone de croissance
- Jonathan LOUIS, né le 15/03/1989                                                EPO (CERA)
- Adam Josef PIERZGA, né le 14/11/1984                                       EPO (CERA), Methylhexanamine (Stimulant)
- Jean-Marie POYO, né le 11/01/1991                                             EPO
- Luis SABLON, né le 30/08/1986                                                    Prednisole, Prednisolone (Corticoïdes)        

Jonathan Louis et Jean-Marie Poyo, récidivistes, sont, en plus d'être des consommateurs, sont aussi fournisseurs. Leur stock était régulièrement alimenté par deux infirmières libérales. Johan Dartron, lui, c'est carrément l'EPO, et l'hormone de croissance. 

Le réseau de ce trafic

Le rapport cite Fabrice Gène (Directeur sportif du Vélo Club de Grand-Case), "déjà soupçonné lors de différentes affaires judiciarisées de trafic, il a toujours été protégé par les coureurs mais poursuivrait ses activités d'approvisionnement, principalement aux coureurs émargeant dans son club". Autre personne soupçonnée de se livrer à un trafic, Olivier Céphise, l'un des dirigeants de la J.C.A. pour qui le rapport énonce que les éléments à son encontre "sont susceptibles de constituer des infractions pénales au sens des articles L. 232-26 du Code du sport relatifs à l'importation de substances ou méthodes interdites aux fins d'usage par un sportif sans justification médicale, d'offre ou cession à un sportif sans justification médicale de substance ou méthode interdites dans le cadre d'une compétition. Ils sont également susceptibles de constituer une infraction douanière au sens de l'article 323 S1 du Code des douanes".
Le rapport informe également le Procureur de la République de la présence dans cette affaire d'un Colombien dénommé Robayo. Salarié à la fédération colombienne, il serait l'un des fournisseurs les plus actifs sur le marché guadeloupéen. 
Le Président du CRCG se dit dépassé par ce phénomène de dopage. 

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Les conditions de l'enquête

Cette enquête a été réalisée dans le plus grand secret, notamment en raison des risques de fuite. "La spécificité îlienne de la Guadeloupe rend toute opération de contrôle antidopage inopiné très aléatoire, tant les risques de fuite sont importants. Le 26 mars 2016, les quatre préleveurs missionnés par l’AFLD et moi-même, sommes arrivés très discrètement sur les lieux de la compétition. Billets d’avion nominatifs, location de véhicule et hébergement sous des noms d’emprunts, acheminement du matériel nécessaire trois semaines avant l’opération, au domicile d’un particulier guadeloupéen le dispositif logistique a tenu compte de ces spécificités".

Astuces des coureurs pour éviter les contrôles malgré le danger

Des découvertes ont donc été faites durant l'enquête malgré les astuces utilisées par certains coureurs pour se soustraire ou fausser les résultats des contrôles. "Afin de contourner les contrôles sanitaires organisés par la Fédération française de cyclisme, contrôles d’aptitude à la compétition à visée sanitaires, qui interdisent tout départ à un coureur présentant un taux hématocrite supérieur à 50, les coureurs guadeloupéens ont l'habitude de recourir aux analyses effectuées par des laboratoires de biologie de ville, la veille ou l’avant-veille du départ d’une épreuve.
En cas d’irrégularité, ils se rendent alors dans des centres de transfusion pour donner leur sang (et baisser ainsi le volume de globules rouges), ou se font pratiquer des saignées.
Un laboratoire, à Baie-Mahault, doit ainsi détenir bon nombre d’information  sur des valeurs hématologiques démentielles de certains coureurs. Jonathan Louis y a ses habitudes.
Certaines analyses, qui corroborent la problématique de santé publique du dopage dans le cyclisme guadeloupéen, feraient état de taux hématocrite de 67, c’est à dire à un niveau où la vie du sportif est clairement en danger
.

Pour Philibert Moueza, ces révélations ne devraient pas modifier le calendrier des courses. En effet, le Grand Prix du Conseil départemental doit débuter demain. Il entend tout de même prendre des précautions. 

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Le Grand Prix du Conseil Départemental aura lieu du 25 au 29 mai prochain.