Quelle complémentaire santé choisir ?

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© CHASSENET / BSIP
Sébastien Letard

Depuis le 1er janvier 2016, les entreprises doivent proposer une complémentaire santé à leurs salariés. Pourtant, chacun garde la possibilité de choisir : assurance ou mutuelle, nationale ou ultramarine ? Chacun peut aussi choisir son taux de couverture d'autant que des aides financières existent.

Elles sont devenues des outils essentiels pour l’accès aux soins : les complémentaires Santé. Plus de 95% de la population française en dispose. Mais pas toujours facile de s'y retrouver. 

Transversale Conso reçoit Etienne Caniard, le président de la Mutualité Française.

# Complémentaire d'entreprise ou contrat indivduel ? 

Depuis le 1er janvier 2016, la généralisation des complémentaires santé est entrée en vigueur. L'objectif est d'étendre encore un peu plus la couverture santé de la population. Les contrats proposés par les entreprises sont souvent plus avantageux que les contrats individuels. Ils bénéficient aussi d'une aide publique. Mais c'est l'obligation pour les entreprises de proposer une complémentaire santé qui est obligatoire. Les salariés gardent la possibilité de choisir. Ils peuvent par exemple préferer souscrire à une meilleure couverture dans l'organisme de leur choix ou être déjà couverts par la complémentaire santé de leur conjoint(e). D'autant que si les complémentaires santé offertes par les employeurs sont globalement plus intéressantes, il peut exister une différence sensible selon les entreprises, leur taille ou leur secteur d'activité. 

A l'inverse, si les complémentaires santé d'entreprise améliorent la couverture des salariés de 25 à 60 ans, elles ne concernent pas les retraités, les jeunes et les chômeurs, pourtant parmi les publics les plus concernés par les enjeux sanitaires. A noter qu'en cas de perte d'emploi, le salarié peut conserver le bénéfice de sa couverture pendant 1 an. Des dispositifs sont mis en place pour couvrir les salariés précaires et les contrats courts, mais ils restent assez techniques et les principaux intéressés ne sont pas forcément informés. Attention, à l'âge de la retraite, l'assuré qui aura adhéré à une complémentaire d'entreprise risque de voir le prix de sa complémentaire santé s'envoler. tion.

# Mutuelle ou assurance santé ? 

Vient ensuite la question du type de contrat à choisir. D’un côté, les mutuelles, acteurs historiques. Elles ne font pas de profits et défendent une couverture globale de la population. La santé est leur coeur d'activité et elles sont souvent présentes sur le terrain de la prévention.

De l’autre, les assurances santé. Elles proposent des contrats ciblés et individuels. S’ils peuvent être avantageux pour les publics ayant le moins de frais de santé -notamment les plus jeunes- leurs prix peuvent s’envoler pour d’autres, à commencer par les personnes agées. Contrairement aux mutuelles dont les tarifs sont réévalués de manière identique pour l'ensemble des adhérents, les clients des assurances santé peuvent subir des hausse de tarif individuelle.

Les mutuelles ont des adhérents. Les assurance ont des clients. 

# Une complémentaire nationale ou ultramarine ?  

Si l'on ne prend en compte que les mutuelles santé, il existe pas moins de 500 organismes en France, des plus grosses mutuelles nationales à des structures très locales. Les premières font valoir des économies d'échelle pour proposer des contrats plus abordables. Mais un rapide tour sur les comparateurs de tarifs montre que ce n'est pas toujours vrai Outre-mer. Certes, les complémentaires santé ultramarines ont souvent à prendre en charge des patients avec des pathologies chroniques (diabète, obésité,...) mais les dépassements d'honoraires facturés par les médecins sont aussi beaucoup moins fréquents. 

Là encore, au delà des remboursements, les mutuelles participent à des actions de prévention sur le terrain. En mars 2014, la mutualité française de la Réunion a ainsi inauguré la cité du diabète à Saint-Denis

# Les prix ? 


Difficile de fixer une moyenne de prix. Ils vont d'une trentaine d'euros pour les plus jeunes à parfois plusieurs centaines pour les personnes agées. 

# Des aides financières souvent méconnues


Deux types d'aides permettent de faciliter l'accès aux complémentaires santé. La plus connue est la CMU-Complémentaire. Elle assure une couverture complémentaire de base à 610 000 ultramarins aux faibles revenus, soit 32 % de la population des DOM. Outre-mer, les plafonds de ressources pour en bénéficier sont majorés (moins de 803 €/mois pour une personne seule)
Un autre dispositif est beaucoup moins connu. L'ACS, l'aide à la complémentaire santé. Elle s'adresse aux personnes dont les revenus dépassent les plafonds de la CMU-C, jusqu'à 35%. Chaque assuré peut, grâce à cette aide annuelle, bénéficier d'un chèque de 100 € à 550€ selon son âge pour financer sa complémentaire santé. Mais en décembre 2015, la sécurité sociale répertoriait "seulement" 90 000 bénéficiaires de l'ACS dans les Dom (Hors Mayotte). 2 à 3 fois plus de personnes sont théoriquement éligibles. Attention, pour en bénéficier, il faut souscrire une complémentaire santé auprès d'un organisme affilié. Il y en a 12 implantés Outre-mer :
- GROUPAMA Océan Indien et Pacifique
- GFA CARAIBES
- MGPA - Mutuelle générale de Prévoyance des Antilles
- MUPAS - Mutuelle complémentaire et de prévoyance des assurés sociaux
- MGPS - Mutuelle générale de prévoyance sociale
- MPAS - Mutuelle Populaire d'Action Sociale
- MIP - Mutuelle interprofessionnelle de prévoyance
- Mutuelle Mare-Gaillard
- MIA - Mutuelle interprofessionnelle Antilles-Guyane
- MGSR - Mutuelle générale solidarité de la Réunion
- Prudence créole
- MFR - Mutualité Française de la Réunion