Logement Outre-mer : cherche appartement... désespérément

Bidonvilles à Mayotte
Sébastien Letard

Il manque entre 90 et 100 000 logements Outre-mer. 150 000 personnes vivraient dans des bidonvilles. C’est 9 fois plus que dans l’hexagone ! Dans des territoires en forte expansion démographique, la crise du logement semble sans fin.

D'année en année, ce chiffre ne diminue pas. Il manque aujourd'hui encore près de 100 000 logements en Outre-mer. Presque partout le besoin de logements est criant. Il faut ajouter à cela un nombre croissant de logements vétustes voire insalubres. Certaines constructions récentes figurent parfois aussi au rang des logements indignes.

Il y a un an, dans une tribune, le député de Guyane, Gabriel Serville estimait à 150 000 le nombre d’Antillais, de Guyanais et de Réunionnais qui vivent dans ce que l’on appelle pudiquement l’habitat informel ou l'habitat spontané… En clair, dans des bidonvilles. Ce chiffre ne prend pas en compte Mayotte ou la Polynésie. Il est déjà 9 fois supérieur aux 17 000 résidants de bidonvilles recensés dans l'hexagone. 

 

Objectif 10 000 logements par an 

En mars 2015, la ministre des Outre-mer présentait un large plan pour le logement Outre-mer. D'un montant de 450 millions d'euros, il a ensuite et porté à 600 millions odeurs par an pour répondre à un objectif : construire 10 000 logements par an Outre-mer. Si les chiffres définitifs ne sont pas connus, l'année 2015 ne devrait pas avoir plus de 7 000 logements livrés en Outre-mer.

Pourquoi? Les bailleurs sociaux dénoncent des lenteurs administratives. De nombreux dossiers seraient en attente de certification à Paris. Des groupes de travail ont été mis en place avec le gouvernement pour tenter de simplifier les démarches administratives et n'exiger par exemple, qu'une seule approbation de Bercy par projet financé.
De leur coté, les associations de locataires pointent du doigt les bailleurs sociaux. La Confédération Nationale de Logement milite également pour la fin des dispositifs d'aide fiscale à l'investissement sur le logement social. La CNL plaide pour un financement direct et massif de l'Etat sur le logement social Outre-mer

Concernant le cout du logement social, les bailleurs sociaux affirment porter des projets qui prennent en compte le "taux d'effort" fourni par les locataires. Mais il reconnaissent que le coût du logement est proportionnellement plus élevé pour les locataires ultra-marins bénéficiaires d'un logement social. Une différence qui s'expliquerait d'après l'Union Nationale pour l'Habitat Social par les surcoûts de construction liés à l'isolement mais aussi aux normes spécifiques de construction parasismiques aux Antilles par exemple. 

Pour tenter de répondre à la crise du logement, en 2008, le gouvernement précédent mettait en place le droit au Logement opposable au niveau national... Mais avec 75 % de la population potentiellement éligible au logement social, ce droit reste strictement théorique Outre-mer. 

Transversale Conso reçoit deux invités :
- Mahieddine Hedli, le directeur de l’Union Sociale pour l’Habitat Outre-mer.
- Eddy Jacquemart, le président de la Confédération Nationale du Logement.


Une émission animée par Sebastien Letard, avec la participation de Daniel Hierso

Technique : Adrien Rodriguez
Coordination : Gladys Say