Les étiquettes décodées

Dans la jungle des étiquettes
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Sébastien Letard

Comment savoir ce que l'on mange? Les étiquettes sont censées aidées les consommateurs à choisir. Composition, valeur nutritive, poids, date de péremption, les informations y sont légion. Sans pour autant être claires pour le consommateur. Certains proposent un étiquetage nutritionnel de couleur. 

Slogans accrocheurs, images retouchées, informations écrites en très petits caractères et difficilement déchiffrable. Les étiquettes sont à l’image de la société de consommation actuelle, colorées et séduisantes au premier abord. Mais dans le détail, c’est parfois l’anarchie! 
Pourtant, à l’heure des scandales sanitaires dans l’agro-alimentaire, quand un adulte sur deux est victime de surpoids, la question est devenue un enjeu de santé publique. 
 
Les fabricants ont d'abord l'obligation légale de faire figurer sur les emballages la composition de leurs produits. Les ingrédient doivent être listés par ordre décroissant. Un nectar de fruits qui contient d'abord du sucre et de l'eau sera donc peu recommandé pour ses qualités diététiques. Même chose si l'huile ou les graisses arrivent en tête. 

Cette liste d'ingrédients se termine souvent par une série de codes (E117, E 565, ...). Il s'agit des additifs : conservateurs, colorants, gélifiants... Certains sont naturels. D'autres sont totalement chimiques. Tous ceux qui sont utilisés par l'agro-alimentaire sont autorisés. Mais certains sont suspectés d'être néfastes pour la santé. Les spécialistes recommandent d'éviter les produits trop transformés. Ces additifs masquent "l'absence de produits nobles", explique Olivier Andrault.

Autre obligation pour les fabricants : faire figurer la valeur nutritive des produits. Elle est, le plus souvent présentée sous forme de tableau. "Il faut d'abord regarder la colonne "pour 100 grammes", précise Olivier Andrault de l'UFC-Que Choisir. Elle permet d'obtenir une valeur en pourcentage. Un produit qui contient 10 grammes de lipides ou 25 grammes de sucre sera à éviter". Pour être plus lisible, l'UFC Que-Choisir soutient la création d'un étiquetage de couleur des aliments en fonction de leur valeur nutritionnelle. L'idée a été reprise par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Mais elle semble se heurter à la réticence du ministère de l'agriculture et au lobby de l'agro-alimentaire farouchement opposé à un tel étiquetage. 

Transversale Conso reçoit 2 invités : 
- Olivier Andrault, chargé de mission Nutrition et Alimentation à l'UFC-Que Choisir
- Fabrice Gabriel, Ingénieur en sécurité alimentaire en Guadeloupe

Une émission animée par Sébastien Letard, avec la participation de Jacques Maillot. 
A la technique : Daniel Arachtingi et Nicolas Lubin
Coordination : Gladys Say