L'âge d'or de la silver économie

Vieillesse
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Sébastien Letard

Dans quelques années, les séniors représenteront 40 % de la population dans certaines collectivités d'Outre-mer. Partout, la population vieillit. Cette transition démographique pose évidemment des problèmes. Elle créé aussi de nombreuses opportunités dans cette nouvelle "économie des cheveux gris". 

Il y a quelques années, c'est la question de la prise en charge de la dépendance qui primait. Aujourd'hui, le problème n'a pas disparu. Mais de nombreuses entreprises veulent profiter de cette mutation démographique pour exploiter de nouvelles opportunités économiques. La santé ou les services à la personne sont évidemment en première ligne. Dans les Outre-mer, des milliers d'emplois vont être créés dans ces secteurs. Mais le mouvement est bien plus large.

Des milliers d'emplois à la clé 


Dans le secteur de l'habitat, on travaille sur des résidences sénior ou des logements adaptés. Les nouvelles technologies multiplient les outils pour faciliter l'autonomie (détecteur de chute, domotique, télésurveillance,..). Les transports, la distribution sont aussi concernés. Certaines destinations, comme la Martinique, veulent cibler spécifiquement les tourismes les plus agés. 

Si les Outre-mer connaissent un vieillissement marqué de la population, celui-ci présente certaines spécificités. Le recours aux maisons de retraite y est traditionnellement moins important que dans l'hexagone. Mais avec l'urbanisation, l'isolement, le départ des plus jeunes et le changement d'époque,  la solidarité familiale trouve ses limites. Aujourd'hui, l’augmentation du nombre de séniors oblige à mettre sur pied des solutions adaptées. Entre le maintien à domicile et le placement en établissements spécialisés, souvent très chers. 

Une dépendance plus précoce


La situation sanitaire des départements et collectivités d'Outre-mer n'est pas non plus sans conséquences pour les ainés. En raison d'un plus fort taux de diabète, de maladies chronique et de polypathologie, la perte d'autonomie intervient souvent plus tôt chez les personnes agées outre-mer. A la Réunion, Mona Kanaan souligne aussi une discretion marquée des seniors qui ne demandent pas spontanément de l'aide. Resultat, la pris en charge intervient plus tard, souvent après un séjour à l'hopital, avec une perte d'autonomie accrue. 

Les nouvelles technologies peuvent apporter une partie de la solution avec de nouveaux outils d’assistance. Mais leur intrusion dans la sphère la plus intime des personnes en perte d’autonomie n’est pas non plus sans poser question.

 
Transversale Conso reçoit :
- Mona Kanaan, patronne de « pour être bien chez soi » à la Réunion
- Jérôme Pigniez, fondateur du site silvereco.fr
 
Une émission animée par Sebastien Letard
 
Réalisation : Nicolas Palcossian
Responsable de la collection Transversales : Gladys Say