La banque à l'heure des comptes [Transversale Conso en vidéo]

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Sébastien Letard

Les tarifs bancaires Outre-mer sont parfois 4 fois plus élevés que dans l'Hexagone. Depuis 2013, une loi encadre ces tarifs Outre-mer, mais ses effets sont contrastés. La cherté et l'avenir des banques Outre-mer, c'est le thème de Transversale Conso.

Les banques Outre-mer sont chères... L'exemple le plus frappant est celui des frais de tenue de compte. Selon l'IEDOM, à la Réunion, ils étaient en moyenne 45 % plus chers qu'en métropole en avril 2015. Mais la différence atteint 230 % en Martinique ! Dans le Pacifique, ce sont les tarifs bancaires, facturés pour les différentes prestations, qui flambent d'après le rapport annuel de l'IEOM. Pourtant, avec moins d’agences et moins de distributeurs automatiques Outre-mer, le service n’est pas toujours au rendez-vous.

Des tarifs alignés sur l'Hexagone en 3 ans

En juin 2015, un rapport d'Emmanuel Constans sur la tarification des services bancaires
dans les départements et collectivités d’Outre-mer soulignait cette inégalité de traitement des clients entre l'Hexagone et l'Outre-mer. Il fixait aussi un objectif de retour à la parité tarifaire dans les DOM d'ici 3 ans. Dans les collectivités du Pacifique où la différence de prix est encore plus importante, l'objectif est de réduire l'écart de moitié d'ici à 2017. Dans chaque territoire, les préfets encadrent la concertation avec les différents acteurs du secteur. Si les tarifs sont à la baisse à La Réunion ou en Nouvelle-Calédonie, la tendance est inverse à la Martinique ou en Polynésie Française, là où les frais bancaires sont déjà les plus élevés. 
 

"L'usager a des droits !"

Mais cette nouvelle réglementation a entraîné un vaste mouvement de restructuration du secteur. C'est en tout cas la raison invoquée par les banques alors que les frais de fonctionnement des établissements sont jugés élevés. La BPCE a ainsi revendu la Banque de la Réunion, la Banque des Antilles françaises et la Banque de Saint-Pierre et Miquelon à la Caisse d'Epargne Provence-Alpes-Corse. D'autres banques ultramarines vont fusionner et des services seront transférés en métropole.

Entre 400 et 500 emplois pourraient disparaître selon les syndicats (le secteur bancaire emploi 8600 personnes en Outre-mer; ndlr). Pourtant "aucune des banques locales n'est en difficulté financière", affirme Rodrigue Cellamen, le secrétaire général du syndicat Martiniquais des Banques et établissements financiers. Des agences et des services à la clientèle pourraient aussi être supprimés. 

Mais face à ces grands établissements bancaires "l'usager a des droits", affirme Serge Maitre, le secrétaire général de l'AFUB, l'association française des usagers des banques. Ils peuvent par exemple dire "non" aux hausses de tarifs. "La loi impose à la banque d'envoyer une plaquette tarifaire – ce qu’elle fait généralement. Mais il faut aussi qu’elle accompagne cette expédition d’une lettre précisant que le client a deux mois pour refuser la nouvelle tarification." 

La cherté des banques Outre-mer, c'est le thème de Transversale Conso à voir ci-dessous :
Invités :
- Serge Maitre, secrétaire général de l'Association Française des Usagers des Banques
- Rodrigue Cellamen, secrétaire général du Syndicat Martiniquais des Banques et Établissements Financiers. 

Une émission de Sébastien Letard, avec la participation de Jacques Maillot