Boucliers qualité-prix : arme efficace contre la vie chère ou coup d'épée dans l'eau ? [Transversale conso en vidéo]

Bouclier Qualité Prix Février 2015
Sébastien Letard

En 6 ans, les Antilles, Mayotte, La Réunion et la Nouvelle-Calédonie ont toutes connu une grave crise contre la vie chère. En 2012, la loi Lurel a créé les boucliers qualité-prix. Présentés comme la réponse au problème de pouvoir d'achat, l'effet de ses paniers à prix négocié est contesté. 

2009 aux Antilles. 2011 à Mayotte avant La Réunion l’année suivante et la Nouvelle-Calédonie en 2013. Quatre crises, quatre grands conflits contre la vie chère…Une préoccupation sans doute unanimement partagée Outre-mer.

En 2012, conformément aux engagements de François Hollande, son ministre de l’époque, Victorin Lurel fait voter la loi de régulation économique Outre-mer. Présentée comme LA réponse contre la vie chère… Le texte comporte plusieurs volets et un symbole : les boucliers qualité-prix (BQP). Dans chaque département et collectivité, les préfets ont négocié avec les représentants de la distribution et des consommateurs. Les troisièmes volets des boucliers qualité-prix ont été présentés depuis février 2015. Ils présentent une liste de produits dits de première nécessité à prix bas (51 produits à Saint-Pierre et Miquelon, 107 à La Réunion).

Des produits plus sains

Cette année, l’accent a été mis sur des produits plus diététiques et plus sains. Finis les mabawas, les ailes de poulet dont le prix avait lancé la révoltes des Mabawas à Mayotte en 2011, place aux fruits et légumes frais et au poisson ! Des préservatifs ont également été intégrés dans plusieurs DOM.
La production locale est aussi favorisée. A La réunion, 47 % des produits du bouclier qualité-prix sont produits sur l’île. Entre 25 et 30 % aux Antilles, mais seulement 6 % à Mayotte.

Une efficacité difficilement mesurable et contestée 

Après 3 ans d’existence, les préfectures et le gouvernement mettent en avant une baisse moyenne de 12.6% obtenue sur les produits présents dans les BQP. Mais leurs effets sur le pouvoir d’achat Outre-mer sont contestés.
Selon l’IEDOM (l’institut d’émission des départements d’outre-mer), quand l’inflation flirtait avec les 5% par an en Guadeloupe en 2010, elle est tombée en dessous de 1% partout Outre-mer.
Inflation outre-mer
 Mais "les principales raisons de la baisse de l’inflation sont internationales. Baisse de l’énergie, baisse des prix au niveau mondial et demande intérieure en baisse." Les boucliers qualité-prix sont venus  "consolider" les dispositifs existants  et "accompagner une dynamique". Ainsi, La Réunion et la Polynésie française connaissent une inflation négative depuis quelques mois, mais la collectivité du Pacifique n'a pas mis en place le dispositif. 

Autres critiques de certaines associations de consommateurs, le choix des articles. Ils ne correspondraient pas aux produits les plus achetés en Outre-mer.

Les représentants de la distribution souhaiteraient, de leur côté, que les transporteurs rognent eux aussi sur leurs marges. Pour la grande distribution, l’Etat et les collectivités devraient également abaisser les taux de TVA et d’octroi de mer sur une liste réduite de produits de première nécessité. 

Transversale Conso reçoit deux invités

- Alex Alivon, secrétaire général du syndicat de la distribution et des grossistes alimentaires en Martinique
- Marc Del Grande, sous-directeur des politiques publique à la direction générale à l'Outre-mer. 

Emission animée par Sébastien Letard
avec la participation de Jacques Maillot
Réalisation : Jacques Maillot
Responsable de la collection Transversales : Gladys Say