Les vents contraires de la transition énergétique [Longue distance]

Eoliennes Miquelon
© Quadran | Les 10 éoliennes de Miquelon ont été démontées
Sébastien Letard

Les Outre-mer visent l'autonomie énergétique en 2030. Pourtant, durant 5 ans, aucune éolienne n'a été implantée. Certaines ont même été démontés. Le photovoltaïque marque lui aussi le pas. Au delà des déclarations, c'est tout un modèle énergétique qu'il faut repenser.

Le reportage Longue distance de Sébastien Letard à écouter ici :


Un bilan consternant

La transition énergétique Outre-mer est au point mort. En cause, un affrontement récurrent entre les différents producteurs d'énergie et EDF-SEI qui assure la gestion du réseau électrique dans les DOM. L'opérateur historique rechigne à intégrer plus de 30% d'énergie renouvelables sur son réseau. Le vent ou le soleil sont des énergies trop aléatoires selon l'opérateur. Ces ressources risquent de fragiliser le service public de l'électricité.

Et pourtant...

Mais grâce à l'hydraulique et au solaire, ce seuil de 30% est désormais atteint dans la plupart des collectivités et départements d'outre-mer. A la Réunion, les producteurs d'énergie solaire sont régulièrement déconnectés et ne peuvent plus vendre leur électricité. A Miquelon, le groupe Quadran affirme avoir perdu 1 million d'euros en 10 ans. Il a décidé de démonter ses 10 éoliennes, faute de pouvoir distribuer leur production sur le réseau. Sans garantie de rentabilité, nombre d'investisseurs ou de banques refusent maintenant de financer de nouvelles installations.

L'autonomie énergétique, un mirage ?

Si nombre d'opérateurs privés ont investi le champs des énergies renouvelables outre-mer, le pétrole et le charbon sont toujours les principales sources d'énergie Outre-mer. Ces dernières années, EDF a d'ailleurs investi 1,5 milliard d'euros dans les centrales au fioul, à la Réunion, aux Antilles et à Saint-Pierre-et-Miquelon. 

Des régions décisionnaires

Dans le cadre de l'examen de la loi sur la transition énergétique, les parlementaires ont donné davantage de pouvoir aux régions. Elles devraient peser davantage sur les choix énergétiques. Mais c'est surtout du coté des chercheurs et des ingénieurs que viennent les plus grands espoirs. De l'énergie thermique des mers au stockage de l'électricité, en passant par les réseaux intelligents, l'abondance des ressources et les progrès techniques font de l'autonomie énergétique une perspective crédible. A condition de renverser le système de pensée actuel.