Mercenaire (2016) de Sacha Wolf

Mercenaire
© Ad Vitam
Jean-Marie Chazeau

Tourné en partie en Nouvelle-Calédonie, l’histoire de ce jeune rugbyman walllisien qui décide de partir jouer dans un club du sud-ouest de l’hexagone a fait forte impression au 69e Festival de Cannes, où il était présenté à la Quinzaine des réalisateurs…

Nouvelle-Calédonie, aujourd'hui. Deux hommes discutent de l'avenir d'un troisième, plus jeune, qui garde le silence. Il va bientôt prendre une décision lourde : accepter de partir en France, et d'aller ainsi contre l’avis de son père. Soané, tout juste majeur, est recruté par un club de rugby du sud-ouest de la France, à l’autre bout du monde. Mais quand il débarquera en claquettes à l’aéroport, ce sera très vite la désilllusion.
Malgré ses 110 kilos, Soané ne semble pas faire le poids. Interprété par Toki Pilioko, son personnage est symbolique de ces jeunes traités comme du bétail, à qui ont fait prendre des produits dopants pour prendre de la masse, qu’on héberge dans un mobile home, et à qui on octroie généreusement moins que le RSA en guise de défraiement à défaut d’un vrai salaire. Un film sur les dessous du sport, mais aussi sur la culture océanienne, sur les corps, sur la mondialisation.
Et si la Nouvelle-Calédonie occupe un peu moins de 20% de l’écran sur les presque deux heures de film, ses paysages sont si rarement vus dans le cinéma français qu’ils apparaissent soudain comme un nouveau monde, à explorer.
"Mercenaire", signé du réalisateur Sacha Wolf, s'est vu décerner à Cannes samedi 21 mai le label Europa Cinémas.