Tahiti, "L'île du rêve" de Pierre Loti et Reynaldo Hahn

Tahiti, "L'île du rêve" de Pierre Loti et Reynaldo Hahn
Auteur de théâtre et de poésie, le metteur en scène Olivier Dhénin exhume ici une oeuvre qui n’avait pas été jouée à Paris depuis 1898.
Julie Straboni

« L’île du rêve » est un opéra de Reynaldo Hahn, inspiré du roman de Julien Viaud Le mariage de Loti. En 1872, ce dernier fait escale à Tahiti sur les traces de Gustave, son frère disparu. On le baptise alors du nom de Loti, comme son aîné fut appelé Rouéri.

Olivier Dhénin a pris quelques libertés avec le livret écrit par André Alexandre, pour se référer au roman qui a directement inspiré l'opéra de Reynaldo Hahn, Le mariage de Loti. Le metteur en scène ne connaît pas la Polynésie française. Il a donc dû créer sa propre vision de Tahiti à partir de ces deux œuvres. Pour cela il s'est penché sur les peintures de John Webber (qui accompagnait la troisième expédition de James Cook), de Gauguin, sur les récits de voyage et les photos de l'officier de marine Paul-Emile Miot.

Tahiti, "L'île du rêve" de Pierre Loti et Reynaldo Hahn
| Une toile de fond en cyclorama qui change de couleur pour incarner le ciel, des lattes de bois qui descendent du plafond pour créer une forêt, la nature des tableaux reproduite sur des panneaux de plexiglas : Olivier Dhénin a dû faire preuve d'imagination pour emmener le spectateur jusqu'aux Iles du vent.

"Au plateau j'ai dû créer un espace qui devait représenter le Tahiti de Pierre Loti, de la reine Pomaré, dans la fin du XIXe siècle. On doit évoquer cet univers à la fois perdu, terre de désir et d'innocence -telle qu'elle nous apparait dans l'imaginaire des explorateurs de l'époque-, et en même temps contrer toutes les visions que l'on a aujourd'hui de Tahiti", explique Olivier Dhénin. Pour lui, "ce qui est le plus beau c'est que ces personnages ont existé. Donc c'est quelque chose qui a été très émouvant à faire. C'est ce que j'ai dit aux chanteurs et aux choristes : vous incarnez des gens, pour une fois, qui ne sont pas de pures allégories."